I. Psalm., LXVII
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tous les rayons tombés du front du divin Maître. Sa puissance est grande quand il apaise les flots irrités, mais elle est plus grande encore quand il apaise les passions frémissantes pour en faire les instruments de l'apostolat et du salut du monde. Notre âme est saisie d'admiration quand notre regard poursuit les astres innombrables dans les profondeurs des espaces et quand notre imagination essaie de gravir de soleil en soleil tous les degrés du trône du Tout-Puissant. Alors nous redisons avec enthousiasme la parole du Psalmiste : « Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce et révèle l'œuvre de ses mains * . » Mais Dieu est plus admirable encore dans ces multitudes innombrables de Saints qu'il a placés comme des astres radieux au firmament de son Eglise.
1. Cfpli enarratit rjloriam Del, ot opéra mamium ejxis annuntiut ftrmameiitiDii. (Psalm., XVIII, i.)
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Si l'homme, enfin, est ici-bas le chef-d'œuvre de la puissance divine dans l'ordre naturel, que sera-ce de l'homme élevé au-dessus de lui-même par la grâce, transformé par la sainteté V Que deviendra son intelligence éclairée par la lumière de la foi la plus ardente, son cœur purifié, agrandi, ennobli et divinisé par la charité et par la vie même de Dieu, son cœur devenu capable d'un héroïsme que la raison humaine ne pouvait pressentir ? Ah ! sans doute, Mesdames, ce n'est jamais sans un secret ravissement que vous pénétrez dans l'âme d'un Saint lorsque vous lisez une de ces Vies écrites non seulement avec talent (car le talent ne suffit pas pour une pareille œuvre't, mais écrite avec amour. Quelle sérénité, quelle force, quelle grandeur, quelle intarissable tendresse dans ces cœurs si durs à eux-mêmes ! Aussi l'humanité toujours et partout a subi la prodigieuse influence de la sainteté, toujours et même aux époques de la plus lamentable décadence, elle a reconnu dans
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les Saints, selon l'énergique expression du peuple, « les hommes de Dieu ».
Eh bien, Mesdames, la douleur se retrouve dans tous les Saints. Elle pénètre leur vie dans la mesure exacte de leur influence, de la mission qui leur est donnée, dans la mesure de leur gloire. C'est ainsi que Notre Seigneur Jésus-Christ les fait plus complètement et plus parfaitement à son image.
Pour une multitude de Saints, la douleur a été le principe d'une vieconsacrée à Dieu, la première impulsion qui les détourna des voluptés avilissantes et brisa les liens de l'erreur et du péché qui les retenaient captifs. Pour tous la douleur a été le creuset d'où leur vertu est sortie plus forte et plus pure.
Voyez-les, ces légions innombrables de Saints, ces légions d'apôtres, de martyrs, de pontifes, de docteurs, de vierges. Elles marchent sous l'étendard de la croix. Uana leur vie. dans leurs
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membres, sur leur front, dans leurs cœurs, ne reconnaissez-vous pas les stigmates du Crucifié ?
Voyez saint Paul renversé sur le chemin de Damas et comme brisé sous la main vengeresse de Dieu. Il est frappé de cécité, mais il est illuminé par la foi chrétienne qu'il persécute et il entend la voix du Sauveur qui lui dit : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ' » Le voilà maintenant devenu, sous l'influence de l'humiliation et de la douleur, l'Apôtre des nations et le docteur inspiré de l'Eglise universelle.
Voyez Augustin agité par les inquiétudes de son âme insatiable de succès, de gloire et d'affections humaines, torturé par le vide de son cœur, par la lutte de ses passions, par les rêves de l'orgueil. C'est par cette voie douloureuse, c'est par la puissance des larmes et des prières de sa mère