‹ La Troisime béatitudeChapitre 38 sur 91 · Rom., \ II, 19, 23, ii — II Cor., XI, 25. 23 — XII · texte numérisé non relu

Rom., \ II, 19, 23, ii — II Cor., XI, 25. 23 — XII

2. Bonum rertamen cerlavi, cursum consummavi, fideni sercavi, in reliquo reposita est mihi corona justitise quamreddet mihi Dominus in illû die justus judex ; non solum autem mihi sed et iis qui diliqunt adventuni ejus, ai Tira., IV, 7).

péril. Il se jette à genoux devant l'image de Marie, il lui demande d'aimer son Fils ici-bas, s'il doit être condamné à le maudire pendant l'éternité ; et dans cette prière de la confiance et de l'amour héroïque, il retrouve la paix.

C'est sainte Thérèse, le grand docteur espagnol, sainte Thérèse à laquelle Dieu accordait de célestes visions, et qui nous parle de ses désolations. Elle affirme que la solitude, au lieu d'adoucir ses souffrances, ne fait que les exaspérer, et que l'oraison lui paraît un enfer.

C'est sainte Jeanne de Chantai, soumise pendant quarante ans aux plus cruels dégoûts de la prière et de toutes les œuvres de piété, et portant courageusement le lourd fardeau de la désolation au milieu de ses admirables travaux.

C'est le curé d'Ars, lui aussi atteint par cette épreuve. Il essaie de fuir dans la solitude «. pour y pleurer, dit-il, sa pauvre vie ». Il revient en tremblant à ses tiavaux prodigieux, à cette église

que remplit la foule de pèlerins, à son confessionnal qui a vu tant d'Ames transfigurées dans l'innocence. Il revient à cette humble paroisse dont il disait: « On ne saura que dans le ciel, le bien que Dieu a fait ici. «

L'Eglise catholique elle-même connaît cette épreuve, mais elle en triomphe toujours. L'Eglise a ses faiblesses et ses défaillances, car l'élément humain existe en elle. Quelquefois l'Eglise semble pâlir, selon l'expression de Lacordaire, ses orateurs et ses docteurs se taisent, ses défenseurs disparaissent, la ruse et la force s'acharnent contre elle, les peuples l'abandonnent. Elle ne craint pas pour elle-même, elle a les promesses de l'immortalité ; mais elle craint pour les âmes et les peuples qui peuvent périr. Quelquefois aussi, des divisions menacent l'unité de la foi, l'ascendant de son pouvoir et les liens sacrés de la charité. Parfois, les cœurs qui paraissent les plus vaillants et les fronts les plus élevés se courbent sous

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le vent de la persécution, comme les cèdres de la montagne sous les raffales de la tempête.

Mais ces défaillances n'ont qu'un jour. Le lendemain, debout sur la tombe de ses ennemis, l'Eglise chante avec son immortel symbole, le Deprofondis de leurs funérailles, et V Alléluia de ses infaillibles triomphes.

Que vous dirai-je du découragement dans ses relations avec l'Eglise triomphante du ciel? Si vous vouliez sanctifier vos épreuves, si vous traversiez les temps douloureux, fortes, courageuses, le regard levé vers le ciel, tenant dans vos bras la croix sanglante de Jésus-Christ, et votre cœur appuyé sur son Cœur ; si vous vouliez vous incliner sous le joug d'une obéissance parfaite, le ciel serait à vous. Chacune de ces heures, chacun de ces moments d'angoisses ajouteraient à vos trésors célestes et augmenteraient pour l'éternité tout entière la gloire et à la béatitude de la patrie. Le ciel est peuplé d'âmes qui ont vaincu le décou-

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ragement, qui en ont fait une source de mérites et de récompenses.

Mais regardons plus haut encore, et voyons la tentation du découragement dans le Fils de Dieu. Jésus-Christ a voulu prendre toutes les faiblesses humaines; et cette grande tentation du découragement, il l'a subie et il l'a sanctifiée.

Déjà nous l'avons contemplé au jardin de Gethsémani, dans les premières épreuves de la Passion ; nous avons vu la nature humaine du Fils de Dieu accablée, comme écrasée sous le fardeau du sacrifice. Il cherche en vain auprès de ses disciples un secours, une consolation. Seul, brisé, anéanti, il s'écrie : « Mon Père, mon Père, que ce calice passe loin de moi'. » C'est le cri de la nature humaine découragée ; mais il ajoute, et c'est l'accent de la résignation parfaite et de la vic-

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