Rom., XIII
bien, avec ferveur, avec une ardeur sensible, mais sincèrement, en suivant par votre intelligence et votre volonté les paroles que vous prononcez, quand vous dites : « Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, par-dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment parfait et digne d'être aimé, » vous faites un acte de charité parfaite.
Dans la loi ancienne, avant Notre Seigneur Jésus-Christ, il n'y avait pas, comme dans la loi nouvelle, de sacrements proprement dits, de signes institués de Dieu pour communiquer la grâce par la force propre, et je dirais, intrinsèque de ces signes. Les sacrements de la loi judaïque étaient des cérémonies qui excitaient dans les âmes les dispositions requises pour obtenir la grâce, le pardon des péchés ; mais par euxmêmes, ils ne donnaient pas la grâce. Cependant, même alors, un moyen capable d'effacer les péchés graves était nécessaire. Sous la loi de l'Evangile,
ce moyen se trouve dans le sacrement de pénitence pour les péchés commis après le baptême, et dans le baptême pour le péché originel et les péchés dont un adulte est coupable au moment où il reçoit ce sacrement. Mais dans la loi ancienne, le baptême et le sacrement de pénitence n'existaient pas. Ce moyen était l'acte de contrition parfaite, de charité parfaite. Il était donc alors possible pour tous, et s'il l'était alors, comment ne serait-il pas possible et facile pour nous, après l'Incarnation et la Rédemption du Fils de Dieu, après les témoignages merveilleux de son amour, en présence de ses bienfaits sans nombre ?
Le catéchisme vous a appris qu'en dehors du baptême de l'eau qui est le baptême ordinaire, on distingue le baptême du sang qui est le martyre, et le baptême de désir, qui est l'acte de contrition parfaite. Ce baptême de désir est-il impossible ou très difficile ?
Nous ne considérons pas ici le chrétien instruit
des vérités de la foi, mais le païen qui a pratiqué la loi morale qu'il connaît. Tous les théologiens enseignent que Dieu ne le laissera pas périr. D'autre part, la foi est nécessaire au salut : « Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu '. » Aussi Dieu instruira ce païen des vérités nécessaires par un apôtre, par un ange, ou par une illumination intérieure. Mais quelles sont les vérités qu'il doit nécessairement connaître et qui lui permettront de faire un acte de contrition parfaite ? De grands théologiens affirment qu'il suffît, même sous la loi de l'Evangile, de croire explicitement à l'existence de Dieu et de Dieu rémunérateur, de Dieu récompensant les bonnes actions, selon cette parole de saint Paul : « Il faut que celui qui s'approche de Dieu croie qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent -. » D'autres docteurs non moina