‹ La trompette de la métempsycose universitaire [microforme]Chapitre 5 sur 7 · L’ENTREMETTEUR ET LE DR. JARDINIER · texte numérisé non relu

L’ENTREMETTEUR ET LE DR. JARDINIER

—Eh bien, mon bon ami je suis heureux de vous revoir. Je veux vous communiquer mes vœux pour le succès de zofre noble entreprise, je veux vous faire savoir que le décret /amdudnm accorde à la succursale de Laval à Montréal une indépendance presqu’absolue dans laquelle votre belle Ecole va se mouvoir à son aise, et réaliser la grande destinée à laquelle elle est appelée. Elle pourrait utiliser quelquesunes des bonnes têtes de la succursale et fortifier ainsi son enseignement. N'avez-vous pas quelque vacance à remplir, ne fût-ce que pour montrer vos bonnes dispositions ?

—Oui, il y a la chaire de thérapeutique laissée vacante par la mort du Dr Coderre.

—Ce cher docteur Coderre que nous estimions tant pour sa haute probité, etc., etc. !

—ÏIl y a bien la chaire d'Obstétrique, occupée par M. le Dr. d'Orsonnens, on peut la considérer comme vacante.

—Ce digne professeur devrait recevoir une 4oorable retraite.

—Ï1 y a, de plus, la chaire de wédecine légale dont le Dr. Durocher est le titulaire. Ce pauvre bonhomme est fatigué. Mon impression est qu’il va résigner bientôt, Comme il est actuellement en Europe, il ne convient pas tout-à-fait d'en disposer aujourd’hui.

—C'est bien, cela peut suffire pour le moment, je vous suis on ne peut plus reconnaissant pour votre insigne générosité. Faites accepter par vos collègues ies services de deux de ces messieurs de Laval et tout sera pour le mieux, dans la plus heureuse des Facultés de médecine.

En vous quittant, je veux que vous vous souveniez que vous travaillez pour ia succursale presque indépendante de Laval de Québec. Travaillez, mon bon ami, prenez de la peine, confessez vos collègues, pardon, c’est confirmer vos collègues que je voulais dire.

—]Je veux faire tout ce que vous demandez, mais il faut que vous ne laissiez pas dans l’ombre le grand X.

Escomptez largement le crédit de sa vanité.

Surtout, ne lui dites pas que vous êtes venu ici d’abord ; il se sentirait insulté de cette préférence.

Quand vous aurez touché son faible, dites lui que vous n’entreprendrez rien sous sox concours ; que sans lui tout échouerait, qe c'est lui qui mène la barque de l'Ecole,

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Une fois cette corde au.cou, vous pourrez:être sûr que croyant tout diriger, nous. le ferons marcher en toutes directions.

—Vous êtes un puissant inspirateur, avec votre concours, je suis certain du résultat final: Au revoir et puissiez-vous être heureux auprès de vos collègues minuscules !

Et le Dr. crut bien fermement et répéta à qui voulut l’entendre, que la succursale de Laval à Montréal jouirait d’une indépendance presqu’absolue en attendant l’heureux jour où /'on couperait les liens qui l'unissent à Laval de Québec.

Personne n’est zélé autant qu'un frais converti: je vous laisse à penser quelle vigoureuse propagande exerça le savant docteur,

Dans son ivresse, il oublie que le cardinal Taschereau a fait définir par le Pape lui-même les airs d'indépendance accordée à la succursale de Montréal.

Elle se résume à ceci : ‘“ qu’il faut comprendre qu’il n’y a qu’un seul conseil universitaire pour les deux sections de Québec et de Montréal, de l'Université.”

(Voir plus haut, explication du décret, ne pas oublier que le décret susdit est daté du 2 février et l'explication l'est du 26 juin 1889.)

Et quelques-uns des collègues du docteur ont cru aussi que c'était arrivé et ils se sentaient heureux de leur triomphe, surtout du fait que l'Ecole avait gagné son point : une université indépendante ou peu

s’en fallait, à Montréal.

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