CHAPITRE I
Statistiques
Nous envisagerons en premier lieu les statistiques qui ont été faites jusqu’à ce jour, puis dans la seconde partie de ce chapitre, nous exposerons les résultats de notre statistique personnelle.
19 Statistiques effectuées jusqu’à ce jour
En 1864, Bowditch, de Boston, consulte différents médecins et obtient 210 réponses : 110 admettent la contagion entre époux.
En 1870, Compin, dans sa thèse, apporte 56 cas de tuberculose conjugale.
La statistique de Drochon, en 1882, porte sur 169 contagionnés ; sur 61 hommes, il en trouve 32 contagionnés pendant le mariage et sur 108 femmes, 68 contagionnées pendant le mariage.
La même année, Robertson note que sur 100 ménages de sa clientèle, où l’un des conjoints était phtisi-
que, 20 fois seulement l’autre fut atteint simultanément.
L'enquête de l'Association médicale Britannique, à la même époque, rapporte 191 cas de tuberculose conjugale (119 de mari à! femme et 69 de femme à . mari). |
En 1886, le rapport de Vallin résuma les résultats de l’enquête faite par la Société Médicale des Hôpitaux, soit 107 cas de tuberculose entre conjoints.
De 1890 à 1924, toutes les nombreuses statistiques faites à ce sujet, ont été réunies par le Docteur Arnould, qui les cite dans la Revue de la Tuberculose.
Cet auteur rapporte ainsi 48 statistiques faites dans 9 pays différents et trouve un total de 53.069 ménages où la tuberculose s’est manifestée chez l’un des conjoints et parmi lesquels il y en a eu 4472 où elle a atteint les deux époux.
Les pourcentages faits par les différents auteurs, offrent une bien grande variété (de 2,20 %, Barns, 1921, Etats-Unis à 58 %, Ward, 1919, Angleterre): aussi le Docteur Arñould a-t-il calculé le pourcentage moyen qui a été trouvé égal à 12 %. Il nous sem-
ble d’ailleurs bien préférable d’en rester à ce chiffre, car ces statistiques portant sur des milieux bien dif-
férents d’une part, faites selon des procédés non moins différents d'autre part, il en résulte des écarts tels que, sans une moyenne, il serait impossible de se faire un opinion nette de la question. | |
Aussi est-ce ce chiffre qui retiendra particulièrement notre atténtion et que nous adopterons comme
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moyen de comparaison entre ces divers travaux et le nôtre.
20 Statistique personnelle
Notre statistique personnelle a été faite à Lyon, au cours de l’année 1925, au Dispensaire J. Courmont. Cette statistique porte sur le même milieu social ; c’est-à-dire la classe ouvrière principalement.
Nos recherches ont porté sur 289 ménages visités pendant ces trois dernières années par les infirmiéres-visiteuses. Dans chacune d’elles, l’un des ,conjoints est nettement tuberculeux, avec bacilles dans les crachats et vient se faire visiter régulièrement.
Il nous a été permis de constater que sur ces 289 ménages, dans 24 d’entre eux, l’un des époux semble avoir été contaminé par le conjoint malade. La durée de la cohabitation d’une part, le manque d’hygiène et la promiscuité constante du malade et de son compagnon, par suite de l’étroitesse du logis, d'autre part, ne semblent laisser de doute quant à l'origine de la contamination. |
L'enquête sociale, toujours assez délicate à effectuer, ne nous a pas permis de déterminer toujours d’une façon très exacte, la durée de la cohabitation ; on peut considérer néanmoins que, variant en règle générale de 18 mois à trois ans et plus, cette durée est suffisante pour expliquer la contagion.
Dans l’ensemble, la tuberculose nous a paru toucher plus fréquemment le mari que la femme (la guerre, peut-être n'est-elle pas étrangère à ce fait).
Nos 289 familles se répartissent de la façon suivante :
Mari seul”atteint} 45.52 een Te 158
Femme seule atteinte ............... 107
. Mari et femme atteints simultanément. 24 soit une proportion de 8,30 %.
La durée de la cohabitation qui a précédé la contamination, était souvent fort longue, avec communauté de chambre et quelquefois de lit, jusqu’à des périodes généralement très avancées de la maladie.
Enfin, un fait intéressant à signaler, c’est la plus grande fréquence de la contagion de mari à femme.
Sur nos 24 ménages dans lesquels les deux conjoints sont atteints simultanément la proportion . s'établit ainsi :
Contagion de mari à femme.......... 16 Ë — de femme à mari...:...... 8
Ce fait n’est pas surprenant et nous paraît attribuable au genre d’existence même de la femme, qui vit davantage au foyer, qui souvent a soigné son mari très longtemps, durant sa maladie, et, surtout, à sa réceptivité particulière du fait de ses grossesses qui diminuent la résistance de son organisme.
Pour la plus grande clarté de la lecture, nous avons réuni dans le tableau suivant les données relatives à ce travail :
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