CHAPITRE PREMIER
Historique.
J.-B. Saunders, dans son Trea,tise in some Praotical Points relating to the Diseases of theEye (p. 119, London, 1811), parle d'un garçon de trois ans chez lequel on vit apparaître, « dans le lieu occupé par le ligament ciliaire », une masse bleuâtre qui s'ulcéra et dégénéra en fongus énorme. Ce « fongus » diminua progressivement et se cicatrisa. Le même chirurgien a observé chez une fille de dix ans, dans le point « où la choroïde s'unit au ligament ciliaire », une excroissance de même nature qui s'accrut peu à peu et finit par amener l'atrophie du globe. C'est également sous le nom « d'excroissances charnues de l'iris » que Delarue, dans son Cours complet des maladies des yeux (p. 206, Paris, 1820), décrit les mêmes tumeurs que Mackensie appelait « tubercules scrofuleux ».
C.-G. Lincke, dans son livre De fungo medullari oculi (Leipzig, 1834), a donné une description très exacte du granulome tuberculeux. On y trouve citées des observations de Maître-Jean : Traité des maladies de l'œil (Troyes, 1711); de Ritterich : Ja/î7'liche Beitrage zur Vervolkemmung der Augenheilkund (vol. I, p. 37) ; de Lawrence : Treatise on Diseases of the Eye (p. 593, London, 1833; de Rosas, de Siebel, de Praël, de Wenzel : Manuel de l'oculiste (t. II, p. 137), qui, aussi bien par leurs caractères étiologiques que par l'exposé des symptômes cliniques, éveillent malgré tout l'idée de la diathèse tuberculeuse. Le traité de Demoures
en 1847, celui de Mackensie, renferment quelques faits du même genre. Enfin, le professeur von Graefe {Arch, f. opht., t. VII), en 1860; Mooren, en 1867; Schelske (Lehrb. d. Augenheilk.), en 1868; Hirschsberg et Steinheim, même année, avec leurs intéressantes relations de « tumeurs granulaires de l'iris », ont certainement éclairé et préparé la voie que Gradenigo ouvrait un an plus tard avec la première observation assise à la fois sur la clinique et Tanatomo-pathologie.