‹ La Tuberculose de la Bourse Séreuse: Sous-DeltoïdienneChapitre 28 sur 32 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Diagnostic.

Il est bien rare que l’on ait à faire le diagnostic d’une bursite sous-deltoïdienne à son début; son évolution insidieuse et cachée n’amène le malade au médecin que lorsque l'apparition d’une tuméfaction, son augmentation lente et progressive, commencent à l’inquiéter. Il ne souffre pas, aucune gêne, aucune ‘ faiblesse du bras ne l’ont arrêté dans son travail ; ii ne présente en somme qu’une tumeur que l’on constate dans la région deltoïdienne. L’épaule est déformée, augmentée de volume, globuleuse, parfois irrégulière, et l’on reste frappé par son asymétrie avec le côté opposé. Nulle atrophie cependant ni du deltoïde, ni des muscles du bras. Nulle réaction inflammatoire ; la peau reste saine et d’aspect normal. Tous les mouvements actifs ont gardé leur intégrité, leur aisance et leur ampleur. L’examen direct décèle facilement les caractères particuliers de la tumeur. C’est une masse isolée, nettement circonscrite, sans adhérences aux plans superficiels ou profonäs, mobilisable surtout lorsque le muscle est dans le relâchement et

ne compromettant en rien la contractilité de celui-ci. Indolence presque complète, absence de point douloureux osseux (si ce n’est parfois un point toujours localisée au V deltoïdien), absence totale de signes articulaires, à moins de complications, tels sont les signes qui, joints à la perception inconstante d’un bruit de chaînons et à la consistance variable, mais le plus souvent liquidienne de la tuméfaction, permettent de faire un diagnostic de bursite sous-deltoïdienne.

Cependant, ce diagnostic ne saurait toujours être porté avec une telle simplicité. La présence de tumeurs conjonctives, musculaires, osseuses, se présentent souvent, avec des signes physiques plus ou moins identiques ; la déformation considérable du membre ou la notion de douleurs anormales peuvent venir compliquer le problème, nécessitent un examen attentif et imposent une critique serrée des faits.

Le lipome, en premier lieu, se présente avec cette allure indolente ; son volume variable, sa consistance demi-molle, voire même pseudo-fluctuante, peuvent créer l’hésitation. Mais il s’agit d’une tuméfaction encapsulée, superficielle, entre la peau et le muscle, sur lequel on la mobilise aisément, à surface mamelonnée et lobulée le plus souvent, et dont le diagnostic: est en somme facile.

Les kystes hydatiques de l’humérus, bien que représentant une affection rare, mais sur laquelle de nombreux auteurs ont insisté, évoluent à bas bruit et se manifestent à leur tour sous la forme d’une tuméfaction qui seule attire l'attention. Mais c’est une tu-

méfaction osseuse, généralement dépressible, donnant parfois la crépitation parcheminée, si la coque amincie est conservée. La radiographie et la ponction sont, dans bien des cas, à cette période, les seuls moyens de diagnostic.

Mais, à côté de ces diagnostics d'exception, le seul aspect du membre et sa déformation éveillent dans l'esprit d’autres possibilités.

L’ostéo-sarcome peut se présenter, en effet, sous l’aspect d’une tuméfaction globuleuse, évoluant lentement, sans la moindre réaction sur l’état général. Certains de ces malades s’étonnent du volume anormal de leur épaule, et ne présentent d’autre gêne fonctionnelle que celle inhérente aux dimensions variables de leur tumeur. Ici encore, l'intégrité de l’artieulation peut être absolue. Mais les modifications de la peau circulation collatérale, rougeur légère, chaleur locale, et surtout les douleurs spontanées, la crépitation parcheminée, la prise en masse de l’os à ce niveau, les résultats de Ia radiographie viendront lever tous les doutes, avant que l’évolution ne vienne confirmer le diagnostic.

Enfin, l’arthrite fongueuse tuberculeuse de l'épaule ne donnera pas longtemps le change : le gonflement et les déformations locales, qui peuvent prêter à confusion, les points douloureux articulaires, et surtout les douleurs très marquées au cours des tentatives de mobilisation, l’atrophie rapide des muscles voisins, sont autant de signes qui plaident en faveur de l’arthrite qu’une radiographie viendra toujours confirmer. Il est bien évident que cette arthrite bacillaire de

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