D STE
C’est ainsi que Fraenkel après avoir découpé des morceaux de la glande thyroïde tuberculeusé et après les avoir durcis à l’alcool et préparés pour un examen microscopique est arrivé aux résultats suivants : « La genèse de la tuberculose de la glande thyroïde est attribuable au tissu interstitiel qui divise l’unique follicule de l’organe. »
Ici il y a lieu de remarquer les différentes opinions sur la question de la genèse de la tuberculose de la glande thyroïde. La plupart des auteurs (avec Fraenkel, Weigert, etc.) pensent que les éléments des tuberculoses naissent dans le tissu interstitiel et ne sont nullement une prolifération de l’épithélium alvéolaire, comme l’admettent encore Cornil et Ranvier.
Chiari qui a fait des études les plus aprofondies à ce sujet dit, «qu’on ne trouve nulle part d'exemples qui montrent une prolifération de l’épithélium alvéolaire, mais au contraire on voit, dans le voisinage de la forma tion tuberculeuse, cet épithellum montrer une transformation régressive; on avait plutôt l'impression de croire que les éléments tuberculeux formés dans le tissu intertistiel avaient comprimé par leur prolifération active l’épithélium alvéolaire et rempli Les alvéoles ».
L'examen de cette question est hérissé de difficultés, à tel point, que, même dans les tubercules tout jeunes, on trouve de bonne heure une caséification très marquée. Cependant, en examinant un plus grand nombre de coupes microscopiques, on peut trouver çà et là l'enveloppe du folhicule (ganglionnaire) perforée sur une étendue plus ou moins grande et envahie par des cellules rondes, conservant leur forme, tassées fortement les unes contre les autres. Ces cellules apparaissent d’abord sur le revête-
SU ment épithélial de la paroi interne du follicule etse fusionnent progressivement avec lui et les autres éléments qu'il contient à un point tel que la distinction microsco-pique de ces deux éléments devient finalement impossible (Fraenkel).
Par d’autres coupes on apprend que c’est sous l’influence de cette infiltration tuberculeuse et grâce à la compression plus ou moins considérable dans le follicule glandulaire séparé du voisinage que ces cellules arrivent au contact de la paroi sus-jacente. En somme, la structure normale du contenu de la glande thyroïde est détruit et on voit comme effet définitif une agglomération sphérique ou ovale de petites cellules rondes arrivées aux différents degrés de la transformation régressive; dans presque tous les cas cette masse contient un mélange plus ou moins riche en cellules géantes typiques de Langhaus et constituent ainsi le tableau du tubercule.
Dans un autre cas (Fraënkel), on à trouvé des tubercules qui présentaient une caséification centrale avec une traînée de cellules épithéliales qui paraissaient bien être caractérisées par leurs formes. Là toujours il s’agissait d’une irruption de petits nodules, le plus souvent confluents, fusionnés par leurs bords et étalés en nappes plus ou moins continues, mais ici, aussi bien dans le tissu interfolliculaire que dans l’intérieur du follicule, il existait une fine infiltration sans cellules géantes ; en même temps on a trouvé aussi une multitude de bacilles tuberculeux, ce qui se rencontre très rarement dans les coupes.
Ainsi, il n’y a pas de doute que dans les produits tuberculeux de la glande thyroïde on trouve des bacilles spécifiques, comme dans les autres organes, mais ils y sont
Lg
en nombre très minime et conservent un certain rapport avec les cellules géantes. Weigert dans son travail bien connu, Zur Theorie der Tuberculose Risenzellen, à remarqué ce fait. Pour voir dans quelles proportions les bacilles se rencontrent, il n’y a qu’à se rappeler les cas de Fraënkel; sur six cas de tuberculose il a trouvé cinq fois des bacilles. Dans le sixième, quoiqu’on ait fait cinquante coupes on n’a pu déceler leur présence. Pourtant il s’agissait d’une tuberculose miliaire chez un jeune homme de quinze ans et, d'autre part, les recherches microscopiques ont démontré que ces tubercules ont les mêmes caractères histologiques que partout ailleurs.
Dans tous ces exemples, on voit que les bacilles dans la tuberculose de la glande thyroïde sont en très petit nombre; dans d’autres cas extrêmement rares, il est vrai, ils sont plus nombreux à un tel point que leur présence est facilement décelée. Il y a lieu de citer ici l’exemple de Fraënkel qui, dans quatre cas, a été obligé de faire des coupes très nombreuses, tâche très dure, et après vingt-cinq coupes, deux seulement ont pu donner des résultats : l’une avait deux bacilles, l’autre un seul; les trois autres cas étaient négatifs. Tout ceci fait conclure à Fraënkel que les bacilles dans la tuberculose thyroidienne sont très rares.
On s’est demandé pourquoi les bacilles sont en si petit nombre; en est-il ainsi dès le commencement de la lésion, ou bien cette rareté est -elle due à leur mort rapide dans l'organisme ? lJ’ailleurs les recherches plus récentes ont démontré qu'en général les cellules géantes contiennent des bacilles disséminés dans leur intérieur, ceux qui occu-
pent le centre sont ou digérés ou altérés par la cellule géante, véritable phagocyte de Metchnikof”.
D'autre part Weigert a remarqué aussi ces particuliarités et a été amené à dire : que nous pouvons nous attendre à la mort partielle du tubercule, si en rapport de la grandeur de la cellule géante, il y a très peu de bacilles tuberculeux et, que dans le cas contraire nous avons la mort totale c’est-à-dire une transformation ou dégénérescence graisseuse. Baumgarten est arrivé paraît-il au même résultat ; il a très bien constaté que la présence des bacilles est en rapport inverse des cellules géantes; que la prospérité de ces dernières est entravée par la croissance rapide des bacilles tuberculeux.
Fraënkel, de son côté, a obtenu les mêmes résultats, même il a remarqué une absence complète de cellules géantes. Ici, nous arrivons à la question de savoir quel est le lieu d'élection des bacilles dans les tubercules de la glande thyroïde. On admet généralement que les bacilles se trouvent dans toutes les couches constituant le tubercule, aussi bien dans les cellules épithéliales que dans les cellules géantes. Cependant, nous avons vu que souvent ils font défaut dans le centre du tubercule. Weigert et Fraënkel se sont livrés aux recherches les plus minutieuses, et nous mentionnons deux cas concernant deux enfants de neuf mois morts de tuberculose miliaire. Chez tous les deux, on a trouvé des cellules géantes ; en outre, dans un, on a rencontré deux bacilles ; dans l’autre , quatre. Ici, les bacilles se trouvaient soit à la périphérie du noyau cellulaire, soit à la jonction du noyau avec la partie qui l’entoure.
SES TT) Este: