‹ La Tuberculose du VieillardChapitre 15 sur 24 · RES · texte numérisé non relu

RES

facilement, mais ne s'est jamais arrêlé à cause de la toux ; jamais d'hémoplysie. Depuis un an a beaucoup maigri, et présente à son entrée des signes de cachexie profonde. Perte totale d'appélil, dégoût de la viande et du pain, crises de gaslralgie, mais jamais de vomissements. Ne tousse pas, ne crache point. Pas de fièvre. Urines normales. Rien au cœur. On note à l'auscultation du poumon, une grande faiblesse des bruils respiraloires ; peu de sonorilé. Rien à noter du côté des viscères. Le malade s'éteint lentement dans la cachexie el meurt au boul de trois semaines de séjour.

A l’aulopsie, on conslale aux sommets des deux poumons une douzaine de pelites cavernes presque vides ; au sommet gauche on trouve en outre une énorme excavalion pouvant loger un marron. Dans le reste de l'étendue des poumons, on trouve de nombreuses granulalions, dont plusieurs sont ramollies. Epaississement notable des plèvres, aux sommets, en avant el en arrière. Estomac dilaté, pas de lésions anatomiques, foie el inleslin normaux.

Plaque d'athérome aorlique ; cœur sain mais pelil, ne pèse

que 240 grammes.

OBSERVATION XXIT (Charcot, in the Mourelon)

Une petite vieille de 85 ans est'hospitalisée à la Salpétrière depuis douze ans : elle a eu un érysipèle à la jambe et un autre à la face. Très affaiblie, elle présente de l'œdème des membres inférieurs depuis quatre à cinq jours, el s'éteint douze jours après son entrée, sans autres syniplômes.

A l’aulopste on trouve de lasurcharge graisseuse du cœur.

ee PRE

Poumon gauche : on note deux ou trois points d'hépatisalion lobulaire grise au sommet, et quelques granulations grises sous la plèvre : poumon droil : il existe une caverne du volume d'un pois, pleine de pus, il existe des adhérences pleu-, rales el des granulalions séreuses transparentes sous-pleurales. Le sommet est dur et bosselé. À la coupe le Lissu est ferme, de couleur ardoisée, avec des traclus fibreux el des

granulalions grises.

Mais, pourrail-on dire, il n'est nullement surprenant de trouver chez le vieillard une ou plusieurs lacunes dans le parenchyme pulmonaire. Ces lacunes sont fréquentes chez l'adulte pourquoi ne persisteraient elles pas dans l'âge avancé. El dans ces conditions la paroi en eslplus ou moins cilalrisée, et surloul ces spelonques ne sont plus habilées : les bacilles en sont absents.

À cel argument il est aisé de répondre et des fails d'observations s'en chargent suffisamment. Car Fexpérience montre que dans un grand nombre de ces lésions, dans les lésions dites actives, lexamen microscopique ne revèle nulle trace de Uissu cicatriciel, mais par contre permel de constater que les bacilles existent chez Île vieillard. «Quant aux masses caséeuses, enkystées, dit Rauzier (1), qu’elles soient contenues dans des cavernes -cicatrisées ou entourées d'une coque inflammatoire formée aux dépens du parenchyme pulmonaire irrité,

(1) RauziER. — Traité des maladies des vieillards. 1909. p. 416.

toutes contiennent le bacille virulent el par conséquent

capable de susciter par effraction une infection nouvelle.

Le processus n'est donc, dans ce dernier cas, éleint

qu'en apparence et la guérison n'est point réelle ; le germe n'est point détruit, mais simplement « muselé ».

Et cette présence des bacilles dans les crachats des vieux tuberculeux est si réelle que la recherche en est devenue pour certains un moyen de déceler la maladie encore aclive dans les cas, et nous savons s'ils sont nombreux, où l’examen clinique le plus approfondi, ne permet pas de déceler les lésions existantes, où tout au moins quand il persiste quelque doute dans l'esprit de

l'observateur. Bien souvent, c'est cel examen microsco-

pique qui a permis de faire une véritable luberculose-

d’une affeclion jusqu'alors diagnostiquée bronchite chronique, emphysème, calarrhe pulmonaire, ele., ete...

Barié et Rauzier qui ont recherché systématliquement le bacille dans les lésions des vieillards luberculeux, esliment qu'on l'y rencontre dans les 4/5 des cas.

Hâtons-nous de dire que si, positif, le résultat a une valeur sans conteste, il n’en est pas de même d’un résultat négatif. Car alors il est fort possible que lexpérimentaleur se trouve en présence d'un fover infectieux enclavé dans quelque formation fibreuse, pour ainsi dire inoffensif mais toujours susceplible un jour ou l'autre de s'ouvrir à l'extérieur et de devenir alors une source de conlage familial.

L'affirmalion s'illustrant toujours de facon bien vi-

vante par la clinique, nous allons reproduire quelques.

LE

observations où la recherche des bacilles, s'est montrée posilive. Ce seront aussi souvent des exemples de longueur d'évolution, de difficulté de diagnostic el de pré-

sence de cavernes ou de ca vernules.

OBSERVATION XXII (Barié)

Deb..., carlonnière, âgée de 68 ans, lousse depuis ? ans ebest sujelle à des accès d'oppression. Pas de tuberculose hérédilaire, pas de maladies antérieures, sauf la variole dans l'enfance. La malade à fail autrefois quelques excès alcooliques, est Lombée dans la misère depuis cinq ans environ, souvent sans lravail où ne gagnant quand elle est occupée, que cinquante à soixante quinze centimes par jour. Elle manque souvent de nourrilure el couche dans les asiles de nuit. Depuis ? ans environ elle (ousseel maigril; ne s'est jamais soignée. Jamais d'hémoptlysie. Tousse beaucoup, expecloralion muco-purulente nummulaire, renferme des bavcilles de Koch. Matilé en avant el en arrière au sommet droit, avec bruit de pot felé sous claviculaire. Souffle caverneux avec gargouillement sous la clavicule, en arrière, râles sous crépilants, dis- crels en arrière au sommet ; froltements pleuraux paroi axillaire droite. Pas de fièvre, pas d'albumine, anorexie. Cœur normal ; on perçoit une accentualion diastolique très nelle au niveau de l'aorte ; de Lemps à autre, il existe un redouble-

ment physiologique, non permanent du deuxième bruit.

OBSERVATION XXIV (Barié)

és

La veuve Bour..., âgée de soixante-quatorze ans ne présente aucun antécédent hérédilaire de tuberculose. Bonne santé antérieure jusqu'à l'âge de cinquante-neuf ans, où elle est prise d'hémoptlysie pour la première fois. Celle-ci ne s'est renouvelée qu'à l'âge de soixante-quatorze ans, 11 y a lrois mois, mais avec une cerlaine abondance. La malade tousse peu el expeclore seulement quelques crachals purulents nummulaires formant une sorte de purée, ts renferment des bacilles. L'élal général n'est pas mauvais. Pas de fièvre. En arrière, à droite, on trouve de la malilé, des rèles cavernuleux el de la respiration rude, presque soufflante ; en avant les signes sont les mêmes mais beaucoup plus accentués, iei c'est du souffle véritable. Le poumon gauche ne montre qu'un

peu de rudesse au sommet.

OBSERVATION XXV (Barié)

Chass...., 74 ans, a perdu une sœur poitrinaire à l’âge de vingt-cinq ans, son père el sa mère sont morts âgés : à l'âge de vingt-deux ans à eu une pleurésie, el plus lard, plusieurs fluxions de poilrines ; pas d'autres maladies ; excellente santé habituelle. À l'âge de soixante-douze ans, est pris d'une hémophlysie abondante qui s'est renouvelée depuis celte épo-

que 3 ou 4 fois el la dernière il y a 8 jours avant son entrée à

l'infirmerie. Depuis celle époque, la malade est très affaiblie. Matilé de la fosse sus-épineuse et de ia fosse sous-claviculaire du côté droit, ràles humides peu nombreux en ces régions, dans l'inspiration qui suit la toux. Les bruits du cœur sont normaux el s'entendent avec une intensilé peu commune jusque sous la clavicule droite. Du côté gauche, respiralion faible, quelques craquements secs. Expecloralion peu abondanlé, un peu slriée de sang, de temps à autre ; elle renferme des bacilles de Koch. Pas de fièvre. Urines normales. Amaigris-

sement, tendance à la diarrhée.

OBSERVATION XXVI (Barié)

Lamir..., soixante-dix ans, a eu la coqueluche dans l'enfance et Lousse depuis plusieurs années ; pas de tuberculose dans la famille. Il y a six semaines, la malade a été prise pour la première fois d'une hémoptysie qu'elle évalue à 150 grammes environ : le sang élait rouge, spumeux el est venu après un effort de Loux ; il y a deux jours, dans le milieu dela nuit, elle fut prise d'une hémoplysie nouvelle, dont l'abondance, au dire de la surveillante, aurait dépassé un demi-litre. Transportée à l'infirmerie, on constate en arrière, dans la fosse sousépineuse, du côté droit, de la matilé absolue qui s'étend jusqu'à la moitié de la fosse sous-épineuse. En ces régions on entend du gargouillement et de la respiralion caverneuse. À gauche, la malité et la diminution de lélasticité sont moindres que du côlé opposé, mais dans les fosses épineuses on trouve du souffle caverneux et des gargouillements. Sonorité

exagérée el respiration affaiblie dans les 2/3 inférieurs. En

Page 1