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CHAPITRE III

Propriétés physiques de la Créosote

La Créosote est donc un mélange fort complexe et peu défini. Le Codex français admet comme densité 1067, la pharmacopée allemande 1070 à 1080; la pharmacopée américaine io33 à io85.

Le point d'ébullition varie également suivant les auteurs. Le Codex français indique 200 à 210 degrés, tandis qu'en Allemagne le chiffre atteint 200 degrés.

C'est, au point de vue de ses propriétés physiques Degré

un liquide huileux, incolore ou faiblement coloré en jaune, qui brunit sous l'influence de l'air et de la lumière. Son odeur est forte et persistante ; elle rappelle plutôt celle du goudron que celle du phénol. Sa saveur est très caustique.

Elle est peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, l'éther, la glycérine, le sulfure de carbone, l'acide acétique, les huiles fixes et quelques huiles volatiles : elle dissout un très grand nombre de sub-

stances (phosphore, soufre, la plupart des résines). Sa réaction doit être neutre, et elle ne doit pas coaguler le collodion.

Comment on

obtient une

Créosote pure.

« Tous les pharmaciens, écrit M. Burlureaux, peuvent fournir de la Créosote rectifiée s'ils veulent bien redistiller entre 200 et 210 degrés la Créosote du Commerce et prendre en outre les précautions suivantes :

i° S'assurer que la Créosote ainsi rectifiée est neutre ;

2 Qu'elle est suffisamment riche en Gaiacol (200/0);

3° Il faut savoir que certaines créosotes à odeur de fumée contiennent des bases dangereuses et nécessitant, par conséquent, des lavages à l'eau acidulée ;

4 On n'arrive à se débarrasser complètement des monophénols, qu'en distillant la Créosote dans un appareil muni d'une colonne ' de rectification. Nous avons vu fonctionner un semblable appareil construit spécialement pour cet usage, et notre surprise fut grande en remarquant ce que donnait une Créosote ayant toute l'apparence d'un produit sincère et qui avait été recueillie préalablement par distillation simple entre 200 et 210 degrés. Il s'était séparé un liquide mobile surnageant à^la créosote, à odeur d'esprit de bois, acide au tournesol, mélange de carbure, d'acétones, d'alcool méthylique et même d'acide pyroligneux. On juge l'utilité de cette opération;

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5° Enfin, comme dernière purification, signalons l'élimination de l'acide phénique qui a pu être entraîné à la distillation et, par conséquent, retenu dans le mélange. Assurément, il ne peut rester qu'une très faible quantité de ce corps quand on dispose de l'appareil à colonne dont nous venons de parler. Mais il n'en va pas de même quand on procède par simple distillation ; les proportions d'acide phénique peuvent être notables, et d'après ce que l'on sait de la toxicité de ce corps, c'est avec raison qu'on se préoccupe de son élimination. Pour atteindre ce but, on met à profit les différences de solubilité de la créosote et de l'acide phénique dans l'eau glycérinée.

Si l'on additionne de glycérine une Créosote phéniquée et qu'ensuite on ajoute de l'eau, la Créosote se sépare, tandis que l'acide phénique reste en dissolution. Il suffit alors de séparer les deux couches et de redistiller la Créosote pour avoir enfin un produit qui peut être administré sans crainte d'accident. »

Telles sont les propriétés physiques et chimiques de la Créosote.

Voyons maintenant quelle est son action physiologique, — mais auparavant demandons-nous si la Créosote est un antiseptique et, dans ce cas, quelle est la mesure de son pouvoir antiseptique.

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