‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 10 sur 689 · SIEGE DU TUBERCULE · texte numérisé non relu

SIEGE DU TUBERCULE

plus positive que les tubercules sont, non des productions accidentelles organisées, mais le produit d'une sécrétion vicieuse de la muqueuse vésiculaire ». Cette opinion, qui attribue au tubercule pulmonaire un siège intra-vésicnlaire, fut soutenue depuis par Carswell et Luys. Elle rencontra une forte opposition de la part d'Andral. « Puisque, dit-il, les tubercules peuvent également se développer dans tous les organes, et que partout c'est dans l'intimité de leur trame qu'ils prennent naissance, on ne voit pas pourquoi l'on admettrait que, dans le poumon, ce sont les vésicules aériennes qui leur servent de matrice. Il semble beaucoup plus conforme à la vérité d'établir que partout où se produit du tubercule, il se développe dans la trame même des différents organes et spécialement dans le tissu celhdo-vasculaire qui, pour me servir d'une expression de Bicbat, est le canevas commun où doivent venir également se déposer et les matériaux des nutritions et des sécrétions normales, et les éléments morbides des nutritions et des sécrétions anormales. Il serait fort singulier que, tandis que partout ailleurs la matière tuberculeuse prend naissance dans la profondeur même des trames organiques, il n'en fût plus de même pour le poumon et que, là seulement, contrairement à tout ce qu'on sait d'ailleurs, e llene fût autre chose que le résultat d'une sécrétion viciée de la membrane qui tapisse les dernières extrémités des bronches'. » Andral, comme on le voit, affirmait déjà le siège des tubercules dans le tissu « cellulo-vasculaire )>, comme devait plus tard le faire Virchow.

1. Andral, Notes à la 4« édition do Laënncc. Paris, 1836, t. 2, p. 20.

Page 1