LE TUBERCULE EST UN PRODUIT INFLAMMATOIRE
cule n'est pas un tissu de nouvelle formation ni une production accidentelle; il doiite même qu'il s'agisse là d'un tissu proprement dit; c'est plutôt un produit de sécrétion d'abord demiliquide, se rapprochant du pus et qui, en se concrétant, forme le tubercule ' .
Pour Cruveilhier, le tubercule est également un mode partiticulier d'inllammation ; il est constitué « non par un tissu pathologique, mais bien par un produit de sécrétion morbide solidifié... La distinction des tubercules et des scrofules, ajoutet-il, me parait tomber devant ce grand fait que la sécrétion de la matière dite tuberculeuse est le caractère anatoniique le plus positif et, comme le disait Lugol dans son langage figuré : la signaturo anatomiqiie de la scrof ule. . . Les tubercules pulmonaires sont véritablement la scrofule des poumons. » Pour Cruveilhier, la tuberculisation pulmonaire n'est qu'un mode spécial d'inllammation des vésicules pulmonaires. A l'appui de cette manière de voir, il fit même des expériences. Il injecta à des chiens, par une ouverture faite à la trachée, une certaine quantité de mercure dans les voies aériennes; à l'autopsie, il trouva dans les poumons un nombre cousidérable de foyers miliaires, dans chacun desquels était un petit globule mercuriel. Ces foyers étaient formés de pus épaissi et d'une « matière caséeuse plus ou moins concrète ». Cruveilhier n'hésite pas à les considérer comme de véritables tubercules et il en conclut que ceux-ci « n'ont rien de spécifique, qu'on peut les produire à volonté et par une cause qui agit mécaniquement ^ ».
Le point de départ et le siège du tubercule sont discutés par Cruveilhier. « Il n'y a pas d'élément anatomique, dit-il, ni de siège spécial pour la matière tuberculeuse. On peut dire cependant que les organes qui y sont le plus disposés sont ceux qui ont une disposition celluleuse ou vésiculeuse, et c'est pour cette raison que l'aifection tuberculeuse est si fréquente dans les poumons. » Il fait précisément appel à ses expériences d'injection de mercuredans la trachée pour établir le siège intra-vésiculaire des tubercules pulmonaires et pour prouver « de la manière la
1. Andrai., Clinique médicale. If" cdLt., 1826, t. 3. — Pre'cis d'anatomie pathologique, 1829, t. 1, p. 407, t. 2, p, :j37.
2. Cruveilhier, Bull, de la Soc. anatomique, t. 1, 1826, p. 171. — Traité d'anatomie pat/iol. générale. Paris, 1862, t. 4, p. 532 et suiv.