HYPOTHÈSE D EHRLICH, DE KOCH
peu près imperméable aux acides. Toutefois, ce n'est là qu'une hypothèse. »
Cette hypothèse ne tarda pas à soulever des objections. Ziehl montra que l'on peut aciduler le liquide d'Ehrlich en y ajoutant de l'acide acétique, sans pour cela lui faire perdre la propriété de colorer les bacilles de la tuberculose. Il faut reconnaître toutefois que la coloration ainsi obtenue est beaucoup plus faible et plus lente. Ziehl eut l'idée de remplacer l'aniline par un autre corps de la série aromatique, par le phénol (acide phénique). Il se servit d'eau saturée d'acide phénique et additionnée de 2 p. 100 d'une solution alcoolique de violet de méthyle. La coloration des bacilles réussit aussi bien qu'avec le liquide d'Ehrlich et résista à l'acide nitrique. Les mêmes résultats furent obtenus par la substitution à l'huile d'aniline de la rôsorcine et de l'acide pyrogallique. L'addition aux couleurs basiques d'aniline d'un alcali n'est donc pas indispensable pour la coloration du bacille de la tuberculose \
Peu après, Lichtheim^ et de Giacomi' constatèrent que pour colorer le bacille de Koch il n'est pas nécessaire d'ajouter une substance quelconque aux simples solutions aqueuses concentrées de fuchsine ou de violet de gentiane. Quelques heures de séjour dans ces liquides, à froid, suffisent pour le colorer, et pour qu'il résiste, contrairement à tous les autres microbes, à l'action des acides minéraux forts. L'emploi de la chaleur hâte la coloration. Toutefois ces observateurs reconnaissent que le liquide d'Ehrlich colore les bacilles plus rapidement, plus énergiquement et probablement en nombre plus grand. « Donc la caractéristique du bacille de Koch est, non pas de ne se colorer que dans des liquides rendus alcalins, mais de ne pas se décolorer sous l'iniluence des acides minéraux. »
Prior montra, comme Ziehl, que le liquide d'Ehrlich a une réaction neutre et non pas alcaline, et que, même légèrement acidulé, il est encore capable de colorer les bacilles de la tuber-
1. Ziehl, Zur Farbuiip; des Tuberkelbacillus (Deutsche med. Wochen»chi\, 1882 p. 4ul). — Ueber die Fàrbung des Tuberkelbacillus (Ibid, 1883, p. 247).
2. LicHTHEiM, Zur diagaostischcn Verwcrtliung; der Tuberkelbacillen {Fortschr. d. Medicin, 1883, Bd. 1, p. 4).
3. De Giacomi, Die diagnostische Bedeutung des Nachweisses der Tuberkelbacillen iin Stuhl [Ibid, p. 145).