LE BACILLE DE LA TUBERCULOSE
thyle, à froid, ne colorent qn'un petit nombre des bacilles tubercnleiix qui existent dans la préparation, elles les colorent tous si on provoque la réaction à chaud. Toutefois Ehrlich montra que la coloration des bacilles ainsi obtenue, quelque solide qu'elle paraisse, est moins résistante à l'égard de certains réactifs décolorants que ne le sont les préparations faites avec des couleurs additionnées d'aniline ou d'acide phénique. Dans ce dernier cas, les lamelles peuvent être placées pendant vingtquatre heures et même au delà dans une solution concentrée de bisulfite de soude, sans que les bacilles de Koch se décolorent. Quand la coloration a été obtenue par les simples solutions aqueuses, les bacilles se décolorent déjà au bout d'une demiheure de séjour dans le bisulfite de soude
Je me suis aussi occupé de l'étude de la coloration des bacilles de la tuberculose à l'aide des simples solutions aqueuses ou hydro-alcooliques des couleurs basiques d'aniline. Mes essais ont surtout été faits avec la fuchsine (rubine) et le violet de méthyle. J'ai déjà dit que tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que la coloration est hâtée si l'on a soin de chauffer le liquide colorant; mais ils se contentaient ou bien de le placer à l'étuve à S0°, ou bien de le chauffer sur la flamme d'une lampe à alcool ou d'un bec de Bunsen, d'après le conseil de Rindflcisch, jusqu'à ce que des vapeurs commencent à se dégager. J'ai pensé qu'il pourrait y avoir utilité à prolonger l'action de la chaleur, et pour cela je fais bouillir la solution hydro-alcoolique, avec la lamelle, dans une capsule de platine, pendant environ cinq minutes. Les bacilles de la tuberculose sont alors magnifiquement colorés et résistent à l'action de l'acide nitrique aussi bien que les préparations colorées par la méthode d'Ehrlich ou de Ziehl. La chaleur, quand son acfion est prolongée, joue donc un rôle analogue à celui de l'addition d'aniline ou de phénol au liquide colorant.
Toutefois on peut, même après le chauffage prolongé, constater encore des différences en faveur des préparations obtenues par les méthodes d'Ehrlich et de Ziehl : celles-ci résistent mieux à l'action de la solution concentrée de bisulfite de soude que les préparations colorées par le séjour de cinq minutes
1. EiiRLicii, Beitrilge zur Théorie dcr BaciUenfiirbung (Chcwité Annaleii, 1886,