INFLUENCE DES CORPS GRAS SUR LA. COLORATION
divers bacilles additionnées de très petites quantités de matière grasse (beurre, cire, paraffine, etc.), il s'assura que ces lamelles, traitées selon la méthode d'Ehrlich, restent colorées malgré le séjour prolongé pendant plusieurs minutes dans l'acide nitrique au tiers. Il y a cependant un moyen facile de différencier ces bacilles, ainsi que les « bacilles du smegma » et les « bacilles du cérumen » d'avec le bacille de Koch. Si l'on soumet les premiers pendant dix minutes à l'action à chaud de la lessive de soude additionnée de 5 p. 100 d'alcool, et qu'ensuite on les lave soigneusement à l'eau et à l'alcool, on les débarrasse de la totalité de leur graisse, qui est ainsi saponifiée et dissoute dans l'alcool et dans l'eau (le chloroforme est un moyen de dégraissage beaucoup moins sûr). Les préparations ainsi dégraissées ne se colorent plus par la méthode d'Ehrlich. Les choses se passent tout différemment pour les bacilles de la tuberculose. On a beau les chauffer dans la lessive de soude additionnée d'alcool, ils continuent à se colorer, comme aupal'avant, parle procédé d'Ehrlich. Ils ne doivent par conséquent pas cette réaction caractéristique à une enveloppe ou à un contenu graisseux'. Nous verrons en effet que ces bacilles contiennent une substance spéciale, douée de la propriété de fixer et de retenir les couleurs d'aniline.
Le nombre des variantes apportées au procédé de coloration d'Ehrlich est très grand, et il serait oiseux de les reproduire toutes ici. Nous indiquerons seulement les modifications qui ont une réelle utilité.
Procédé de Ziehl, modifié par Neelsen"^. Le liquide colorant a la composition suivante :
Fuchsine 1 gr.
Acide phénique o
Eau distillée iOO
Alcool absolu 10
Ce liquide a l'avantage, sur celui d'Ehrlich, de se conserver indéfiniment. On y met les lamelles, en chauffant jusqu'à production de vapeurs; les lamelles se colorent en quelques minutes; les coupes y sont suffisamment colorées, au bout de dix minutes environ, à la température ordinaire. On
1. GoTTSTEiN, Die Beeinflussung des Fâi'benverhaltens von Mikroorganismen durch Fettc [Fortschr. d. Medicin, 1886, p. 252).