Fortschr. der Medicin, 1883, p. 200, en note
PROCÉDÉS DE ZIEHL, DE B. FR.ËNKEL, DE GABBET.
décolore dans de l'acide sulfurique dilué (acide sulfurique, 2o; eau 100). On colore le fond avec une solution faible de bleu de méthylène. C'est un procédé très commode, surtout pour l'examen clinique des crachats.
Procédé de B. Fr.enkel'. — Le liquide colorant est obtenu de la façon suivante : on chauffe l'eau d'aniline jusqu'à ébullition dans un tube à essai; on verse le liquide chaud dans un verre de montre et on y ajoute goutte à goutte une solution alcoolique concentrée de fuchsine ou de violet de méthyle, jusqu'à production de franche opalescence. On fait flotter la lamelle à la surface du liquide, et on attend cinq à dix minutes.
Dans le procédé de B. Framkel, la décoloration de la lamelle et la coloration du fond s'effectuent en un seul et même temps. Ce résultat avantageux est obtenu avec l'une ou l'autre des solutions suivantes (qui se conservent indéfiniment) :
1" Quand la préparation a été colorée à la fuchsine, on emploie le liquide suivant :
Alcool 50 gr.
Eau 30
Acide nitrique 20
Bleu de méthylène, en quantité suffisante pour qu'il y ait excès.
Bien agiter et filtrer.
2° Si la préparation a été colorée au violet de méthyle, on la traitera par le liquide ainsi composé :
Alcool 70 gr.
Acide azotique 30
Vésuvine en excès. — Filtrer.
Au sortir du bain de fuchsine par exemple, on passe la préparation pendant une à deux minutes, dans le liquide n° i, puis on lave à l'eau : à l'examen microscopique, les bacilles de la tuberculose apparaîti'ont colorés en rouge, tandis que les cellules et les autres bactéries seront colorées en bleu. On traitera de même, avec le liquide n" 2, les lamelles colorées par le violet de méthyle : les bacilles tuberculeux apparaîtront colorés en violet et le fond en brun. Par ce procédé, on peut obtenir, en quatre à cinq minutes, une préjjaration de bacilles avec double coloration.
Il faut cependant reconnaître que ce procédé, qui consiste à décolorer la lamelle et à colorer le fond en un seul temps, est moins sûr que le procédé classique et donne souvent des images moins satisfaisantes.
Procédé de Gabbet. — 11 n'est qu'une modification de celui de B. Frœnkel. La préparation est placée pendant deux minutes s'il s'agit d'une lamelle, plus longtemps quand c'est une coupe, dans le liquide suivant :
1. B. Fr^enkel, Ueber die Fàrbung des Koch'schen Bacillus, etc. (Berl. klin. Wochenschr., 1884, pp. 193 et 214).
PROCÉDÉS DE GIBHES, DE CRAM.
Rouge Magenta (fuchsine)
Acide phénique
Alcool absolu ,
Eau
1 gr.
Puis on la traite par le deuxième liquide suivant :
Acide sulfurique
Eau
Bleu de méthylène 1
2o gr.
1 à 2 gr.
Les bacilles de la tuberculose sont colorés en rouge, le fond de la préparation et les bacilles étrangers en bleu^. La substitution de l'acide sulfurique ;i l'acide azotique peut avoir quelques avantages, en ce qu'il expose moins à décolorer les bacilles de la tuberculose.
Procédé de Gibbes, — Il présente cette particularité tout à fait remarquable de colorer, en un seul temps, et par une couleur différente, les bacilles de la tuberculose d'une part, et d'autre part les noyaux des cellules et les autres bacilles (quand il s'agit de crachats).
Le liquide colorant a la composition suivante :
que l'on broie ensemble dans un mortier de verre et que l'on dissout dans
On y ajoute la ce. d'eau distillée et l'on conserve la liqueur dans un flacon bouché à l'émeri. On place les lamelles dans ce liquide chauffé pendant environ cinq minutes, puis on les décolore simplement dans l'alcool. Les bacilles apparaissent colorés en rouge, le fond de la préparation en bleu. Cette méthode est intéressante en ce qu'elle montre que, si l'on emploie un mélange de deux couleurs, le bacille de la tuberculose se colore, d'une façon élective, par l'une d'entre elles ^.
Procédé de Gram. — Le bacille de la tuberculose peut aussi se colorer par la méthode de Gram qui s'emploie surtout pour les couj^es. Cette méthode consiste, comme l'on sait, à laisser séjourner la préparation pendant un quart d'heure dans une solution anilinée de violet de gentiane (pour les bacilles de la tuberculose, il est bon de prolonger ce séjour pendant 12 à 24 heures), puis on la transporte pendant quelques minutes dans une solution d'iode dans l'iodure de potassium (solution de Lugol) comjjosée ainsi qu'il suit :
Fuchsine (chlorhydrate de rosaniline).
Bleu de méthylène
Aniline . . .
Alcool absolu
3 ce.
lo —
Iode
lodure de potassium Eau distillée ....
1 gr.
1. GAHBET,Rapid Stainingof thc tubercleBacillus(r/!eL«?ice^, 9 avril 1887, p. 737).
2. Gibbes, A rapid method of demonstrating the tubercle bacillus without thc use of nitric acid [The Lancet, 5 mai 1883, p. 771).
PROCÉDÉS DE WEIGERT ET DE H. KUEHNE.
Un précipité se forme et la coupe prend une coloration brun foncé presque noir. On traite ensuite par l'alcool absolu, plusieurs fois renouvelé, jusqu'à décoloration complète. On éclaircit la préparation par l'essence de clou de girofle, ou mieux parle xylol (Giinther), et l'on monte dans le baume. Les éléments anatomiques, y compris les noyaux des cellules, sont complètement décolorés, les bacilles colorés d'une façon très intense, en violet presque noir. Comme Gram l'avait déjà observé, les bacilles de la tuberculose ainsi colorés se présentent fréquemment sous forme de points colorés séparés par des intervalles clairs, de façon à simuler une chaînette de très petits coccus*. Il est facile d'obtenir une double coloration des coupes : celles-ci, après un séjour de quelques minutes dans la solution iodée, sont lavées dans l'eau ou l'alcool faible, puis placées pendant quelques minutes dans une solution aqueuse de safranine ou dans le picro-carminate d'ammoniaque. On déshydrate ensuite par l'alcool pur, on éclaircit par le xylol et l'on monte dans le baume. On peut aussi colorer la préparation par un carmin quelconque, avant de la traiter par la méthode de Gram.
Procédé de Weigert. — Dans le procédé de Gram, la décoloration ainsi que la déshydratation sont obtenues par l'alcool absolu, qui présente l'inconvénient de dessécher et de raccornir la préparation. Weigert a substitué avec avantage à l'emploi de l'alcool celui de l'huile d'aniline. L'aniline, en effet, possède la propriété d'absorber o p. 100 d'eau, en même temps qu'elle décolore le tissu, tout en respectant la coloration des bacilles. La préparation est mise pendant une dizaine de minutes dans le liquide violet d'Ehrlich, puis la coupe est lavée à l'eau et placée sur la lame porteobjet où elle subit le reste des manipulations. On ajoute la solution de Lugol que l'on laisse agir pendant quelques minutes. On lave de nouveau la coupe et on a soin de l'essuyer en appliquant sur elle une feuille de papier à fdti'er; puis on met quelques gouttes d'huile d'aniline. Toutes ces opérations doivent se faire sur la lame porte-objet, pour éviter les plissements de la coupe. On fait exécuter des mouvements d'inclinaison à la lame, pour laisser écouler l'huile d'aniline chargée de matière colorante que l'on remplace au fur et à mesure par de l'huile fraîche. La coupe se décolore en même temps qu'elle devient transparente, car l'huile a déshydraté la coupe en même temps qu'elle l'a décolorée. On enlève soigneusement ce qui reste d'huile d'aniline en versant du xylol sur la coupe, puis on monte dans le baume.
Par cette méthode, les bacilles de la tuberculose sont colorés en violet foncé, déjà au bout de quelques minutes. Cette méthode offre en outre l'avantage de colorer la fibrine d'une façon caractéristique en bleu franc, qui tranche sur la coloration foncée, presque noire, des bacilles. Les produits caséeux et frappés de nécrose de coagulation ne sont pas colorés-.
Procédéde h. Kuehne. — Kiihne a apporté diverses modifications de détail
1. Gram, Ueber dcr isoUrte Filrbung der Schizomyccten {Forlschr. der Medicin, 1884, p. 185).
2. Weigert, Uebcreine neuc Méthode zur Farbung von Fibrin und von Microorganismen {Foi-tschr: der Medicin, 1887, p. 228).