‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 13 sur 689 · D'APRÈS VIRCHOW · texte numérisé non relu

D'APRÈS VIRCHOW

liilo-vasculaire ». Cette opinion fut rajeunie et développée par Virchow; pour lui, le tissu conjonctif et ses équivalents sont partout l'i. matrice du tubercule. En entrant en prolifération, ils produisent la formation hétéroplastique lymphoïde du tubercule.

L'évolution du tubercule est particulière aussi. « C'est une néoplasie pauvre, frappée d'avance de caducité. Rapidement au centre du nodule, là où sont les cellules les plus âgées, s'établit une métamorphose graisseuse incomplète. Puis toute trace de liquide disparaît, les éléments se ratatinent, le centre devient jaune et opaque, et l'on voit une tache jaunâtre au milieu de la granulation grise, transparente. Ainsi débute la métamorphose caséeuse, qui plus tard caractérise le tubercule et qui bientôt l'envahit tout entier. »

Pour désigner ce néoplasme, Virchow estime que le mot de tubercule est très heureux et doit être maintenu, car il indique que le nodule ne dépasse jamais un certain volume et ne devient pas une tubérosité. Le petit volume des foyers tuberculeux vrais, des granulations tuberculeuses, est une des caractéristiques du processus. Les gros tubercules, ceux du cerveau par exemple, ne sont pas des tubercules uniques, mais résultent de la conlluence de milliers de tubercules élémentaires.

La caséification est le mode habituel de terminaison du tubercule, mais ce n'est pas le mode nécessaire. Virchow admet pour le tubercule la possibilité d'une résorption complète, par conséquent d'une guérison directe et absolue. La crétification et la transformation fibreuse peuvent aussi s'observer.

Tels sont les caractères fondamentaux assignés par Virchow au tubercule vrai; mais à côté de ce dernier, jusqu'alors confondus avec lui, se placent d'autres produits, différents d'origine, de siège et de nature, mais ayant pour caractère commun, — source de la confusion, — d'aboutir à la même terminaison régressive, à la transformation caséeuse. C'est principalement pour le poumon, dans la phtisie pulmonaire, que cette confusion est fréquente et qu'il importe de marquer les différences.

Le poumon , en effet , peut être le siège d'inflammations aiguës ou subaiguës , catarrhales ou exsudativcs , fibrino-cellulaires , amenant la réplétion et l'obstruction des bronches et des alvéoles. Ces produits par leur stagnation et leur inspissation subissent la métamorphose caséeuse; quelquefois des

PNEUMONIE CASÉEUSE.

portions entières de lobes pulmonaires sont ainsi envahies ; on a alors sous les yeux l'état que, depuis Laënnec, on a désigné sous le nom d'infiltration tuberculeuse jaune; habituellement la lésion se borne à des groupes isolés de lobules pulmonaires, et répond alors à une bonne partie des lésions décrites sous le nom de tubercule jaune, ou simplement de tubercule. Les vésicules ainsi atteintes sont parfois en si petit nombre et en groupe si limité qu'elles constituent l'hépatisation caséeuse miliaire. « Rien n'autorise à décrire cette lésion comme tuberculeuse, car elle se développe tout à fait de la même manière que l'hépatisation intlammatoire, par une agglomération de produits cellulo-fibrineux dans les cavités des vésicules pulmonaires et des bronches, et la différence qui existe entre elle et l'hépatisation repose exclusivement sur l'épaississement précoce et la dégénérescence du contenu devenu plus solide. » Ce sont ces hépatisations caséeuses , ces broncho-pneumonies ou ces pneumonies caséeuses, comme on les a appelées depuis, qui, variables en étendue, mais toujours inflammatoires quant à leur nature, intra-bronchiques ou intra- alvéolaires quant à leur siège, entrent pour une grande part dans la production de la phtisie pulmonaire.

Les mêmes processus inflammatoires à terminaison caséeuse si fréquentes dans le poumon s'observent sur d'autres organes, les ganglions lymphatiques, la muqueuse digestive, les organes génito-urinaires, le périoste et les os; pour Virchow, là aussi on a afl"aii'e, le plus souvent, non à des tubercules, mais à des inflammations scro fidélises, aboutissant à la métamorphose caséeuse.

Il est nécessaire d'exposer ici les vues de Virchow sur la scrofule et comment il comprenait les rapports de la tuberculose et de la scrofule, objet de tant de discussions de la part de ses prédécesseurs.

Le mot scrofule [scrofa, porc) s'appliquait primitivement aux engorgements des ganglions du cou qui font disparaître les contours de la région et donnent au cou cette forme pleine et massive, telle qu'on la rencontre chez le porc. C'est ce que l'on désignait aussi sous le nom de strume. Plus tard, la dénomination de scrofule s'étendit a l'engorgement des ganglions lymphatiques en général ainsi qu'à d'autres lésions tégumen-

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