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SCROFULE ET TUBERCULOSE

taires ou profondes, osseuses notamment, que l'on constate en même temps que les tuméfactions glandulaires, les écrouelles. Bordeu, GuUen, Hufeland, Lugol contribuèrent surtout à faire envisager la scrofule comme une maladie générale, résultant d'une dyscrasie, due à une substance nuisible, acre, circulant dans le sang [vims scrofxdosum, acrimonia scrofulosa) et se déposant dans les glandes, les articulations, etc.

Les connexions qui réunissent la scrofule à la phtisie pulmonaire avaient toujours préoccupé les pathologistes. Quand Bayle et Laënnec insistèrent sur les <( dépôts de matière tuberculeuse » que l'on rencontre dans les adénites strumeuses, et les rapprochèrent des tubercules pulmonaires , l'identification des lésions scrofuleuses avec les lésions tuberculeuses fut admise presque sans restriction : les engorgements scrofuleux des ganglions furent envisagés comme des tubercules ganglionnaires, ou, inversement, les tubercules pulmonaires comme une « scrofule du poumon ».

Avec Broussais, l'étude des adénites scrofuleuses entra dans une phase nouvelle; il établit cette notion importante que les lésions scrofuleuses des ganglions lymphatiques ne sont pas primitives, ni consécutives à une crase particulière du sang, mais qu'elles résultent de lésions irritatives des parties oii les ganglions puisent leur lymphe, de lésions de surface principalement, qu'il s'agisse du tégument externe ou des muqueuses \

Velpeau interpréta de la même façon le mécanisme de l'écrouelle et montra qu'elle n'est souvent qu'une conséquence des lésions de surface et des tissus oîi prennent racine les lymphatiques qui se rendent aux ganglions malades. « Les ganglions, ajoute-t-il, peuvent rester longtemps malades, et seuls malades, après la guérison de l'affection qui en a été le point de départ... Les malades, les médecins eux-mêmes, oublient alors, laissent facilement échapper la cause pour s'en tenir uniquement aux effets; on conçoit même que beaucoup de sujets ne puissent voir aucune corrélation entre le plus grand nombre de maladies que j'ai signalées et ce qu'ils appellent des glandes, des tumeurs : il y a plus, c'est que les praticiens les plus exercés devront être fréquemment embarrassés à leur tour pour lever tous les doutes

1. Broussais, Examen des doctrines médicales. Paris, 1821, t. 1, p. 44, et t. 2, p. 598 et 638. — Histoin des phlegmasies chroniques. Paris, 1826, p. 23S.

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