VIRULENCE DES PRODUITS TUBERCULEUX DESSÉCHÉS
Cadéac et Malet ont également étndié l'influence de la dessiccation sur les produits tuberculeux. Ils faisaient dessécher des fragments très petits de poumon d'une vache tuberculeuse sur du papier Joseph ; puis, quand les fragments étaient bien desséchés, ils les bi'oyaient dans un moulin à poivre et conservaient la poussière dans des flacons pour l'inoculer après un temps variable. La poussière ainsi obtenue fut inoculée après 43 jours, 102 jours, 126 jours et 150 jours de dessiccation; après 102 jours, elle s'est montrée inoffensive. Dans d'autres expériences, ils plaçaient un morceau de poumon, de la grosseur du poing environ, dans une soucoupe, sur la fenêtre du laboratoire; après un début de putréfaction, la dessiccation s'en emparait; ils inoculaient, au bout d'un temps variable, des parcelles prélevées au centre de ce poumon et purent encore transmettre la tuberculose après 150 jours d'exposition à l'air; au delà de ce terme, les résultats ont été négatifs'.
Maft'ucci a étudié l'influence de la dessiccation sur la virulence des bacilles de la tuberculose aviaire et humaine. Une culture de bacilles aviaires est délayée dans du bouillon dans lequel on trempe des fils de soie stérilisés ; les fils imprégnés de culture sont ensuite desséchés sous une cloche, en présence de chaux anhydre. Ces fils, introduits dans la cavité péritonéale de poules après quinze jours, un mois de dessiccation, provoquaient chez ces animaux la mort avec tuberculose généralisée du foie, de la rate et du péritoine ; une poule inoculée dans le péritoine avec des fils desséchés depuis deux mois fut tuée au bout de dix mois : le foie non plus que le péritoine ne présentaient de lésions, mais on trouva dans le poumon un nodule avec des bacilles.
Des cultures de tuberculose humaine, desséchées par le même procédé, furent inoculées au bout de quinze jours et d'un mois de dessiccation sous la peau de cobayes, qui moururent de tuberculose; des cobayes ayant reçu sous la peau des cultures desséchées depuis deux et trois mois moururent également dans le marasme, sans tubercules ^
1. Cadkac et Malet, Sur différents modes de transmission de la tuberculose (Congrès pour Vctude. de la tiiherculose, 1888, p. 310).
2. Maffucci, Die Hiihnertuberculose [Zeitsckr. fur Hyg. u. Infectionskrunkh 1892, Bd 2, p. 461 et 467).