‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 159 sur 689 · RÉSISTANCE A L'ENFOUISSEMENT · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE A L'ENFOUISSEMENT

Sawizky a fait connaître de nouvelles expériences sur la durée de la virulence dans les crachats soumis à des conditions identiques à celles où ils se trouvent quand ils sont répandus sur le plancher dans nos habitations. Il s'assura que les crachats ainsi desséchés peuvent conserver leur virulence pendant deux mois et demi ; il n'y avait pas de différence entre les crachats maintenus dans l'obscurité et ceux qui étaient exposés aux rayons solaires

Les débris cadavériques et les cadavres entiers de sujets tuberculeux conservent longtemps leur virulence dans le sol. Un lapin tuberculeux fut enfoui à 0",80 de profondeur, puis examiné 23 jours après, en putréfaction avancée : des fragments du poumon, inoculés à un lapin, lui communiquèrent la tuberculose (Galtier).

Cadéac et Malet enfouirent des morceaux de poumon tuberculeux : ils obtinrent des résultats positifs par l'inoculation de fragments de ce poumon après 77, 124, 159 et 167 jours d'enfouissement. Ils retrouvaient les bacilles par le procédé d'Ehrlich dans les produits putréfiés.

Schottelius affirme que des poumons de phtisiques, enterrés pendant « plusieurs années », contiennent encore des bacilles colorables et que ces poumons possèdent encore la virulence tuberculeuse-. Tous ces faits établissent donc que les matières tuberculeuses peuvent conserver leur virulence pendant un temps relativement long dans les eaux non renouvelées, dans les fumiers et dans le sol.

L'action du suc gastrique sur le bacille de la tuberculose mérite une attention particulière, pour l'interprétation de ce qu'on observe dans la tuberculose d'origine alimentaire. Falk soumit des masses caséeuses provenant de poumons humains à l'action du suc gastrique artificiel obtenu par un mélange de pepsine dans de l'eau additionnée de 2 à 3 p. 1000 d'acide chlorhydrique. Ces produits, après un séjour de plusieurs heures dans le suc gastrique (l'auteur ne précise pas davantage), furent

1. Sawizkv, Zur Frage liber die Dauer der infcctiôsen Eigenschaften des getrockncten tuberculôsen Sputuins (Dissert, inaug. Saint-Pétersb., 1891 ; analysé in Centralb. fur BakterioL, 1892, Bd 11, p. 153).

2. Schottelius, Ueber Temperatursteigerung in bcerdigten Phthisikerlungen (CenlralbL f. BakterioL, 1890, Bd 7, p. 2')5).

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