ACTION DU SUC GASTRIQUE
inoculés à des cobayes ; ces animaux succombèrent à la tuberculose*. Des tentatives du même genre sont dues à Wesener. Des crachats tuberculeux furent placés « pendant quelques heures » dans du suc gastrique artificiel, à la température de 38", puis injectés, après la gastrotomie, dans le cfecum de lapins. Chez quelques-uns de ces animaux, qui survécurent à l'opération, on constata le développement de tubercules caséeux sur la paroi du caecum, au point d'inoculation. Cinq inoculations analogues, faites chez le lapin dans la chambre antérieure de l'œil, donnèrent des résultats positifs ^.
Wurtz et moi avons étudié l'action exercée par le suc gastrique sur des cultures du bacille de la tuberculose (aviaire). Nous nous servions de suc gastrique naturel provenant d'un jeune chien vigoureux, porteur depuis plusieurs mois d'une fistule gastrique. Pour obtenir ce suc, on donnait à manger au chien, à jeun depuis la veille, des morceaux du ligament suspenseur du cou du bœuf (fibres élastiques). Une heure ou deux après le repas, on recueillait par la fistule un liquide abondant, trouble, que l'on filtrait sur un filtre de papier. Ce suc gastrique était très actif et digérait bien le blanc d'œuf cuit. Les cultures étaient obtenues sur agar glycériné et âgées d'environ six semaines à deux mois.
On procédait de la façon suivante : dans des tubes à essai contenant un centimètre cube de suc gastrique fraîchement recueilli, on semait une anse de fil de platine de la culture. Puis les tubes étaient mis à l'étuve à 38° pendant un laps de temps de t, 2, 3, 4, o... jusqu'à 24 et 3(5 heures. Au bout de chacune de ces durées, le contenu des divers flacons était inoculé, à la dose d'un demi-centimètre cube, dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le péritoine de lapins et de cobayes. Les animaux moururent ou furent sacrifiés au bout d'un temps variable. A l'autopsie, on constata que ceux qui avaient reçu des cultures ayant séjourné dans le suc gastrique pendant 1, 2, 3, 4, S et 6 heures étaient devenus tuberculeux. Ceux qui avaient été inoculés dans le péritoine présentaient une tiiber-
1. Falk, Ucbcr das Verhaltcn von Infectionstofl'cn im Vcrdauungskaaale {Virchow's Arch. 1883, Bd 93, p. 144).
2. Wesener, Reilvuge zur Lehre von der Filtterungsluberculose. Frciburg in B., 1885, pp. 55-60.