SUR LE BACILLE DE LA TUBERCULOSE
culose péritonéale avec des nodules disséminés dans le foie, la rate et les poumons ; ceux qui avaient été inoculés sous la peau présentaient, au point d'inoculation, un abcès caséeux, riche en bacilles. La même injection sous-cutanée, faite avec une culture soumise à l'action du suc gastrique pendant dix à douze heures, ne provoquait qu'un abcès tuberculeux local (contenant des bacilles colorables par le procédé d'Ehrlich); cette tuberculose finissait par guérir (disparition des bacilles au niveau du point inoculé). Nous en concluions, au moment de la publication de notre travail, qu'un séjour de huit à douze heures dans le suc gastrique atténuait le bacille, de façon que son inoculation ne donnait plus naissance qu'à une tuberculose locale^ curable. Aujourd'hui nous savons que les bacilles tuberculeux morts provoquent sous la peau un abcès caséeux, où les bacilles persistent très longtemps, avec leur réaction colorante caractéristique ; il y aurait donc lieu peut-être de modifier cette dernière conclusion : il faut se demander si, après un séjour de huit à douze heures dans le suc gastrique, les bacilles de la tuberculose sont non seulement atténués dans leur virulence, mais s'ils ne sont pas morts. Pour décider la question il faudrait recourir, non pas à l'inoculation, mais à l'ensemencement.
Comment doit-on comprendre l'action destructive exercée par le suc gastrique sur les microbes en général et sur le bacille de la tuberculose dans le cas particulier qui nous occupe? Agitil par une action spéciale, digestive, ou simplement à la faveur de l'effet antiseptique développé par l'acide chlorhydriquequi entre dans sa composition? Falk et Wesener s'étaient déjà prononcés pour la deuxième alternative. Nos expériences nous ont aussi montré que le suc gastrique n'agit sur les microbes qu'en vertu de son acidité. De Teau distillée contenant de l'acide chlorhydrique dans la proportion de 1 à 3 p. 1000 exerce sur les microbes une action destructive au moins aussi énergique qu'un suc gastrique doué du même degré d'acidité. Ce n'est donc pas en digérant les microbes, c'est-à-dire en exerçant sur eux une action spéciale analogue à celle qui transforme les albuminoïdes en peptones que le suc gastrique intervient; son rôle est celui d'un antiseptique, et cet antiseptique est l'acide chlorhydrique.
Il résulte de tous ces faits que les bacilles de la tubercu-