SUR LES VIANDES ET LES CRACHATS TUBERCULEUX
lapins les rendit tuberculeux'. Plus tard, il continua ses recherches, dont quelques résultats ont été publiés par Bouley : « Un morceau de muscle pris sur un bœuf très gras, dont les poumons étaient remplis de gros tubercules caséeux, a été chauffé sur un gril jusqu'à ce que le thermomètre marquât 52° dans son centre. Le jus exprimé de ce morceau fut répandu sur du pain qui servit à deux repas de cinq lapins placés dans la même cage. Un de ces lapins, tué le 75*' jour, montra des ganglions tuberculeux et quelques granulations grises sur les poumons. Les quatre autres moururent tuberculeux dans la période de 120 jours ^ »
Galtier a fait des expériences analogues. « Du suc musculaire et du lait, dit-il, préalablement tuberculisés, n'ont pas transmis la maladie aux lapins qui en ont reçu dans la veine, après un chauffage poussé jusqu'à l'ébullition. Il en a été tout autrement quand ces matières avaient été soumises à une température moins élevée. Ainsi j'ai rendu tuberculeux des lapins en leur inoculant du suc musculaire et du lait chauffés à des températures qui ne dépassent pas celle que présente le centre d'un gros morceau de viande cuit sur le gril; j'ai donné la maladie à des cobayes en leur inoculant de la matière tuberculeuse qui, après avoir été enfermée dans des tubes scellés à la lampe, avait subi pendant vingt minutes un chauffage à 60" ou pendant dix minutes un chauffage à 71". Les différences constatées par les divers expérimentateurs tiennent sans doute aux conditions et au mode de chauffage ainsi qu'à la nature et à la réaction du milieu dans lequel se trouvaient les germes chauffés. Quoi qu'il en soit, le conseil donné, il y a quelques années, par Toussaint, mérite bien d'êti'e suivi : la viande d'un animal tuberculeux ou suspect ne doit pas être mangée saignante ; toute viande tuberculeuse ou suspecte ne devrait entrer dans la consommation de l'homme qu'après avoir subi une réelle et complète cuisson ^ »
Schill et Fischer ont étudié la résistance des bacilles contenus dans les crachats à la chaleur sèche et à la chaleur humide. Des crachats de phtisiques desséchés sur une plaque de verre à
1. Toussaint, Contribution à l'étude de la transmission de la tuberculose; infection par le jus de viande chauffe [C.-R. de l'Acad. des sciunces, 1881, t. 93, p. 281).
2. BooLEY, Ln nature vivante de la contar/ion. Paris, 1884, p. 217.
3. Galtier, Dangers de la viande et du lait tuberculeux {Congrès pour la tuberculose, i" session 1888, p. 78).