‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 17 sur 689 · DUALITÉ DE LA PHTISIE · texte numérisé non relu

DUALITÉ DE LA PHTISIE

taire de l'intestin, et il est bien tentant d'en faire le point de départ de l'infection. Néanmoins, il est des cas, rares il est vrai, oii des foyers caséeux font absolnment défaut et où la tuberculose miliaire apparaît comme une affection primitive.» Ces exceptions, quelque rares qu'elles soient, enlèvent selon Virchow à l'bypothèse de Buhl sa portée générale et ne permettent pas d'y trouver la solution définitive des rapports existant entre les inflammations caséeuses et le tubercule.

Niemeyer fut un de ceux qui contribuèrent le plus à vulgariser la doctrine dualiste de Virchow et à l'introduire dans la clinique. Dans son traité de pathologie interne, naguère si en vogue, et dans une monographie spéciale, Niemeyer, renchérissant sur Virchow, ne reconnaît « qu'une espèce de tubercule, le tubercule miliaire et qu'une forme de tuberculose, la tuberculose miliaire ». Toutes les masses plus volumineuses décrites sous le nom d'infiltration tuberculeuse ou de tubercules infiltrés ne sont que des résidus d'inflammations chroniques pris par Laënnec et ses successeurs pour des infiltrations tuberculeuses. Ce sont ces inflammations caséeuses qui, bien plus souvent que le tubercule, conduisent à la fonte du tissu pulmonaire, à la phtisie pulmonaire. Chaque forme de pneumonie, non seulement la broncho-pneumonie ou la pneumonie catarrhale, mais même la pneumonie franche, fibrineuse, peut, pour Niemeyer, aboutir dans certaines circonstances à la transformation caséeuse. La phtisie pulmonaire résulterait donc, dans la plupart des cas, non du développement d'un néoplasme spécifique, le tubercule, mais de processus inflammatoires, pneiimoniques; « une pneumonie conduit d'autant plus facilement à la phtisie que l'accumulation des éléments cellulaires dans les alvéoles est plus considérable et qu'elle persiste plus longtemps, attendu que ces conditions sont favorables à la métamorphose caséeuse de l'infiltration inflammatoire. Les pneumonies se terminant par infiltration caséeuse se rencontrent, non pas exclusivement, mais cependant le plus souvent chez des individus faibles et mal nourris; ce fait tient, en partie, à ce que de pareils individus sont particulièrement vulnérables en partie à ce que les inflammations montrent chez eux une tendance à la production exagérée de cellules et par là à la métamorphose caséeuse des produits inflammatoires. »

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