ACTION DE LA LESSIVE DE SOUDE BOUILLANTE, ETC
dans les dissolvants habituels ainsi que dans l'acide sulfurique à. 5 p. 100 et ne se dissout lentement que dans l'acide sulfurique concentré. Cette substance est particulièrement intéressante, car elle possède, comme le bacille lui-même, la propriété colorante caractéristique et résiste, comme lui, à l'action décolorante des acides. Weyl pense que cette substance blanche représente la membrane d'enveloppe des bacilles, tandis que la couche gélatineuse supérieure provient de leur protoplasma. Il est probable que c'est cette même substance blanche qui confère aussi aux cadavres des bacilles tuberculeux la propriété remarquable, mise en évidence par Prudden et Hodenpyl et par Gamaleia et moi, de rester plusieurs mois intacts et parfaitement colorables au sein des tissus vivants.
Quant à la couche gélatineuse, lorsqu'on la dissout dans l'eau chaude additionnée de lessive de soude et qu'on traite par l'acide acétique, on obtient un précipité floconneux, brunâtre, insoluble dans un excès d'acide. Ce précipité contient du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, du soufre et du phosphore; il semble se rapprocher des mucines. Un peu de cette substance, dissoute dans une solution à 2 p. 1000 de soude et injectée sous la peau de cobayes et de souris, provoque une plaque de nécrose au point d'injection. On peut donc extraire du corps des bacilles tuberculeux un corps que Weyl appelle une toxomucine et qui a un effet nécrotisant'.
J'ai pu m'assurer que les bacilles de la tuberculose ayant poussé sur gélose glycérinée placés dans de l'acide sulfurique à 10 p. 100, maintenu bouillant pendant plusieurs heures, conservent leurs contours et leur aspect morphologique et continuent, traités par la méthode d'Ehrlich ou de Ziehl, à présenter leur réaction colorante caractéristique. Si on traite la culture par une solution concentrée de soude bouillante et qu'on neutralise ensuite par un acide, on obtient une masse amorphe qui, examinée au microscope, ne permet plus de discerner les contours des bacilles; mais cette substance, traitée par le procédé d'Ehrlich ou de Ziehl, se colore comme le font les bacilles et résiste à l'action des acides.
1. Th. Weyl, Zm- Chcmic iind Toxicologie des TuberkelbaciUus [Deutsche med. Wochenschr., 1891, p. 2o6).