EFFETS DES BACILLES TUBERCULEUX MORTS
J'ai placé une culture de tuberculose humaine dans une solution assez concentrée de soude caustique et je l'ai mise à l'autoclave à 125" pendant quinze minutes. On laisse reposer et on ajoute de l'eau, pour diluer la solution. Il se forme un léger dépôt, en même temps que surnage une matière floconneuse. Cette matière est scluble dans l'étlier; après évaporation de l'éther, on la traite par le procédé de Ziehl ; la coloration résiste parfaitement à l'action prolongée de l'acide sulfuriquc concentré. La matière qui forme le dépôt, lavée et traitée par le procédé de Ziehl, se colore également, mais la coloration résiste moins à l'action des acides minéraux.
Les effets des bacilles tuberculeux morts ont été étudiés presque simultanément par des recherches poursuivies, d'une façon indépendante, par divers expérimentateurs, dans des buts différents et à des points de vue variés.
C'est par l'étude des effets des cultures mortes du bacille de la tuberculose que Koch a été conduit à la découverte de la tuberculine. Il constata que des cultures du bacille de la tuberculose, tuées soit par l'action prolongée de températures relativement peu élevées, soit par l'ébullition, soit par certains agents chimiques, et injectées en quantité assez forte sous la peau de cobayes provoquent simplement une suppuration locale. C'est là un des moyens les plus sûrs pour produire du pus sans l'intervention de microbes vivants. Tout différents sont les effets provoqués par les mêmes cadavres de bacilles tuberculeux sur les cobayes déjà tuberculeux. L'injection souscutanée même de doses très faibles de bacilles morts fait périr ces animaux au bout de 6 à 48 heures. Si on diminue la dose des cadavres de bacilles injectés, les cobayes tuberculeux demeurent plus longtemps vivants, mais on peut voir survenir, au point d'inoculation, une nécrose étendue de la peau. En employant des suspensions plus diluées encore de bacilles morts, de façon à ce que le liquide soit à peine louche, les animaux demeurent vivants. Si ces injections de doses très faibles sont fréquemment répétées, on peut constater une amélioration notable dans l'état des cobayes tuberculeux : le chancre d'inoculation diminue d'étendue et peut se fermer, les ganglions engorgés se rapetissent, l'état général devient meilleur