EFFET CACHECTISAINT DES BACILLES MORTS
et le processus morbide, s'il n'est pas déjà trop avancé, subit un véritable arrêt. Ce qui, dans la pensée de Koch, exerce dans ces cas une action curative sur le processus tuberculeux est sans doute une substance soluble, extraite en quelque sorte des bacilles morts de la tuberculose par les humeurs des organes au sein desquels ces bacilles sont injectés; cette substance, pour exercer son action salutaire sur tout le corps, doit être facilement absorbable et dilï'usible. L'emploi pratique, chez l'homme, d'injections sous-cutanées de bacilles tuberculeux morts n'était guère encourageant, puisque ces bacilles ne sont pas résorbés, demeurent longtemps intacts sur place et amènent de la suppuration. De là l'idée d'extraire artificiellement du corps des bacilles de la tuberculose la substance soluble qui possède ce pouvoir curateur, sans exposer aux effets pyogènes inhérents aux cadavres des bacilles ; c'est ainsi que Koch dit avoir été amené à la découverte et à l'emploi de la tuberculine pour la guérison de la tuberculose'.
Mafîucci avait observé qu'en inocvilant des œufs avec des cultures stérilisées de tuberculose aviaire et en soumettant ces œufs à l'incubation, on obtenait des poulets cachectiques, quoique non tuberculeux. Le même résultat était obtenu avec des œufs auquels on inoculait le bacille aviaire vivant; ce bacille ne se développe pas pendant l'incubation, mais subit une métamorphose régressive et se résout en petits grains ; les poulets issus des œufs ainsi infectés restent maigres et chétifs et succombent dans le marasme, sans lésions tuberculeuses ni bacilles dans les organes. Le bacille de la tuberculose des mammifères, inoculé aux poules adultes, les fait aussi parfois mourir de marasme, sans lésions tuberculeuses. Mafîucci concluait de ces faits que les bacilles de la tuberculose renferment un poison cachectisant qui, mis en liberté grâce à la dissolution du bacille parles humeurs animales, tuerait à longue échéance.
Maffucci fut ainsi amené à étudier de plus près l'action des cultures stérilisées de la tuberculose. Des cultures de tuberculose des mammifères sur sérum solide ou liquide âgées de 1 à 6 mois furent tuées par le chauffage à 65" à 70° pendant 2 heures, chauffage subi une ou plusieurs fois. On se servit
1. Koch, F'ortsctzung dcr Mitthcilung iiber ein Hoilniittcl gcgen Tuberculose [Deutsche med. Wochenschr., 1891, ISjanv., p. 101).