‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 184 sur 689 · TOXINE CONTENUE DANS LES BACILLES · texte numérisé non relu

TOXINE CONTENUE DANS LES BACILLES

aussi de cultures mortes par suite du vieillisscmeut, au bout de 10, 11 à 12 mois. Ces cultures mortes, inoculées sous la peau de cobayes, provoquaient au point d'inoculation la formation d'un abcès, contenant encore au bout d'un mois des bacilles fortement granuleux. L'animal mourait à peu près constamment dans le marasme, après un temps variant entre 15 jours et 6 mois, selon la dose de bacilles injectés. A l'autopsie, on trouvait de l'atrophie des organes, notamment du foie et de la l'ate, sans tubercules ni bacilles. Mafl'ucci en conclut que le bacille de la tuberculose contient une substance toxique qui résiste à un chauffage à 70" pendant plusieurs heures et qui agit à longue échéance sur les cobayes. Des doses modérées de ce poison entraînent une intoxication chronique avec marasme et forte destruction des globules rouges du sang, au sein de la rate notamment qui est pigmentée. La substance toxique ne serait pas détruite par le corps de l'animal auquel elle est injectée, car des fragments de rate de cobayes morts à la suite de l'inoculation de cultures tuées, introduits sous la peau d'autres cobayes, les faisaient encore mourir de cachexie au bout d'un certain temps. Enfin, plus récemment, Mafl'ucci prétend avoir provoqué la cachexie mortelle chez les cobayes en les nourrissant avec des cultures mortes de bacilles de la tviberculose'.

On doit à Prudden et Hodenpyl des expériences très intéressantes sur l'action exercée par les cadavres des bacilles tuberculeux-. Ils se sont inspirés à cet égard des recherches de Buchner sur l'action pyogène exercée par les bactéries mortes (bacille de Friedlander, staphylocoque pyogène, bacillus prodigiosus, bacille pyocyanique, etc.). On sait que Buchner a cherché à isoler chimiquement la substance pyogène contenue dans les cellules bactériennes en employant la méthode de Nencki (digestion de la culture dans les alcalis dilués et précipitation par l'acide chlorhydrique étendu) ; on peut ainsi extraire des cadavres des bactéries une substance albuminoïde ou protéine (alcali-albumine) qui se montre douée d'un pouvoir chimiotactique très énergique sur les leucocytes. Des tubes

d. Maffucci, Ueber die Wirkung der reinen, sterilen Ciiltui-eii des Tuberkelbacillus [Cenb-alhl. f. nllgem. Pathol. a. pathol. Anat., 1890, p. 82u).

2. Prudden et Hodenpyl, Studies on the action of dead Bacteria in the living body {New-York med. Journal, 6 et 20 juin 1891).

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