TUBERCULES PROVOQUÉS
capillaires de verre contenant ces protéines bactériennes, introduits sous la peau de lapins ou de cobayes, se montrent au bout d'un jour ou deux remplis de leucocytes attirés parles protéines; ainsi s'expliquerait l'action pyogène développée par ces bactéries'.
Prudden et Hodenpyl eurent l'idée que la formation des tubercules pourrait aussi résulter de l'intervention de la bactérioprotéine des bacilles tuberculeux, c'est-à-dire que le corps des bacilles pourrait laisser échapper une protéine attirant les leucocytes et favorisant la production des cellules épithélioïdes et des cellules géantes. Pour soumettre cette idée au contrôle de l'expérience, ils stérilisèrent des cultures du bacille de la tuberculose sur gélose glycérinée par le séjour pendant plusieurs heures dans le courant de vapeur d'eau à 100°; l'origine des cultures employées n'est pas spécifiée. Les bacilles furent en outre lavés pendant plusieurs heures dans de l'eau distillée bouillante ou dans un mélange bouillant d'eau et de glycérine, afin de les débarrasser des produits solubles qu'ils pouvaient retenir. Les bacilles ainsi traités conservaient leur forme et leur réaction colorante spéciale. Ces bacilles, en suspension line dans de l'eau distillée, injectés sous la peau de lapins, y déterminaient la foraiation d'abcès. Des tubes capillaires ou des cellules de Ziegler remplis de ces mêmes bacilles furent introduits sous la peau de lapins ; on put s'assurer ainsi que ces bacilles morts étaient doués d'une action chimiotactique positive des plus nettes. Lorsqu'on injecta une quantité modérée de ces bacilles en suspension dans l'eau, dans la veine de lapins, ces animaux demeurèrent en général bien portants; quelques-uns seulement périrent très amaigris vers la troisième semaine. Les animaux furent sacrifiés au bout d'un intervalle de temps variant de 1 à 60 jours et présentèrent, à l'examen microscopique des organes, les particularités suivantes. Lorsque l'animal avait été mis à mort 2i heures après l'injection, les capillaires du poumon étaient remplis de bacilles, ainsi que ceux du foie; ceux de la rate en contenaient aussi, mais en petit nombre. Chez les lapins sacrifiés au bout d'une à deux
1. BociiNER (H.), Ueber pyogene Stoffe in der Bakterienzello {Be7'l. klin. Wochenschr., 1890, p. 674). — Die chcmisclio Reizbai-keit der Leukocyten und deren Bcziclmng ziii- Entziindung und Eitorung [I/jid., p. 1084).