PAR LES BACILLES MORTS
semaines, on trouva dans Jes poumons de fins nodules blanchâtres, de 2 à 3 millimètres de diamètre, formés de cellules épithélioïdes et de cellules géantes et à la périphérie de cellules rondes ; ces nodules contenaient en abondance des bacilles de la tuberculose, parfaitement reconnaissables par la coloration. Chez les animaux sacrifiés plus tard, les nodules étaient plus consistants et formés de cellules épithélioïdes et de tissu fibreux. De la troisième à la cinquième semaine, les nodules étaient très abondants dans le poumon, qui présentait un aspect comparable à celui qu'il a dans la tuberculose miliairc aiguë; à l'œil nu, le foie paraissait normal, mais, à l'examen microscopique, on y décelait des nodules aualogues, renfermant des bacilles. Aucune de ces granulations ne présentait, en aucun cas, de dégénérescence caséeuse. Prudden et Hodenpyl pensent que les formations tuberculeuses ainsi provoquées dans les tissus par les bacilles tuberculeux morts sont dues à la protéine spécifique de ces bacilles, lentement extraite du corps des bacilles pendant leur séjour au sein des tissus de l'animal.
Dans une étude subséquente', Prudden pratiqua des injections de bacilles tuberculeux morts dans la trachée de lapins qui furent sacrifiés au bout de 1 à 72 jours. A l'autopsie, les poumons seuls présentèrent des lésions consistant en foyers d'hépatisation de grosseur variable, les uns semblables aux tubercules miliaires, les autres occupant presque tout un lobe. Ces foyers étaient principalement constitués par des amas de leucocytes, des cellules épithélioïdes et des cellules géantes; on y rencontrait de nombreux bacilles de la tuberculose. Le centre des foyers se nécrosait et se résorbait graduellement, tandis qu'à la périphérie il se formait un véritable tissu de granulation, riche en vaisseaux; finalement le tout se transformait en un nodule fibreux, au sein duquel les cellules épithélioïdes et géantes pouvaient persister longtemps; jamais on n'y observerait de dégénérescence caséeuse, comme dans les vrais tubercules. Les bacilles tuberculeux vivants seuls seraient susceptibles de donner naissance à la substance spéciale qui détermine le processus de caséification.
1. Prudden, A study of expérimental Pneumonitis in the Rabbit [New- York ined. Journal, 5 déc. 1891).