‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 187 sur 689 · INNOCUITÉ DU LIQUIDE DE CULTURE · texte numérisé non relu

INNOCUITÉ DU LIQUIDE DE CULTURE

Les recherches poursuivies par Gamaleia et par moi sur le même sujet ont été instituées dans le but de mettre en évidence le poison tuberculeux'. Elles ont été faites avec des cultures de tuberculose humaine sur agar peptonisé et glycériné ou dans différents milieux liquides (bouillon peptonisé et glycériné, sucré). L'âge de ces cultures variait entre un mois et demi et six mois.

Dans une première série d'expériences, des bouillons à la surface desquels le bacille tuberculeux avait depuis plusieurs mois très abondamment poussé en voile très épais furent filtrés sur du papier et à travers le filtre Ghamberland. La fîltration sur le papier a l'inconvénient de laisser passer un certain nombre de microbes; néanmoins nous l'avons employée dans la plupart des expériences portant sur les lapins; on sait, en effet, que lorsque les bacilles de la tuberculose sont injectés en très petit nombre sous la peau ou dans les veines des lapins, ils ne déterminent aucun effet appréciable.

Des bouillons de culture ainsi filtrés furent injectés à la dose de 1 à 10 ce. dans la veine de l'oreille ou sous la peau de lapins. Un certain nombre de ces lapins furent soumis à plusieurs de ces injections, répétées trois ou quatre fois, à cinq ou six jours d'intervalle. Après chaque injection, l'animal présentait une légère diminution de poids, puis il récupérait rapidement son poids normal ; il restait en parfait état de santé et quand on le sacrifiait au bout de quelques semaines ou de plusieurs mois, on ne trouvait aucune lésion.

Il en était autrement quand l'injection sous-cutanée du liquide était pratiquée sur des animaux (lapins, cobayes) déjà tuberculeux. Ces animaux présentaient alors un ensemble de symptômes rappelant tout à fait la réaction que provoque chez eux la tuberculine de Koch.

En somme, en dehors de ces effets spéciaux sur les animaux déjà tuberculeux, nous n'avons pas décelé, en quantité appréciable, dans les parties liquides des cultures tuberculeuses un poison capable de reproduire l'un des symptômes ou l'une des lésions de la tuberculose. Nous nous sommes alors appliqués à l'étude de l'action toxique des bacilles eux-mêmes, tués par

1. Straus et Gamaleia, Contribution à l'étude du poison tuberculeux {Arc/i. de médecine expérim. et d'anat. pathoL, 1891, p. TOa)

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