LA TOXICITÉ EST SURTOUT INHÉRENTE AUX BACILLES
différents moyens. Nous avons trouvé qu'effectivement ces bacilles tués sont capables de reproduire plus ou moins fidèlement les principaux symptômes et les lésions de la tuberculose infectieuse. Voici l'exposé de ces recherches.
Des cultures abondamment développées du bacille de la tuberculose humaine sur gélose glycérinée sont détachées de la surface de la gélose à l'aide du fil de platine, broyées dans un mortier et délayées dans de l'eau distillée. Pour apprécier approximativement la teneur en bacilles de ces diverses suspensions, nous avons pratiqué la pesée des bacilles contenus dans un centimètre cube de ces suspensions, procédé commode introduit par Grancher et Ledoux-Lebard. Les suspensions épaisses contenaient approximativement, par centimètre cube, Os'',01 de bacilles desséchés dans l'exsiccateur à acide sulfurique; nous avons aussi employé d'autres émulsions : l'une contenant en poids environ 20 fois moins de bacilles que la première et enfin une émulsion très délayée, contenant un poids de bacilles 200 fois plus faible que la première.
Pour tuer ces bacilles, nous avons le plus souvent employé le séjour à l'autoclave àHS° pendant dix minutes, pendant une heure, et même pendant plusieurs heures consécutives.
Injections intra-veineiises. — Les résultats les plus nets sont obtenus par l'injection intra-vcineuse des cadavres des bacilles tuberculeux. Lorsqu'on injecte dans la veine de l'oreille d'un lapin des cultures tuées de bacilles tuberculeux, en suspension épaisse dans l'eau distillée, à la dose d'un demi à plusieurs centimètres cubes, l'animal ne présente aucun symptôme immédiat. Au bout de quelques jours, il commence à maigrir et, si on le pèse régulièrement, on voit qu'il perd graduellement de son poids, surtout pendant les dix premiers jours, au bout desquels il a souvent perdu 400 à 500 grammes. La mort peut déjà survenir à ce moment. Plus souvent l'animal semble se remettre pendant cinq à dix jours, puis survient une nouvelle chute rapide du poids, et l'animal finit par succomber avec un amaigrissement extrême ; il perd parfois la moitié de son poids initial. La mort a lieu ainsi généralement au bout de trois semaines à un mois.
A l'autopsie, on trouve des lésions remarquables. Les poumons sont parsemés de granulations plus ou moins abondantes,