LONGUE CONSERVATION DES BACILLES TUBERCULEUX
pendant une heure, à l'ébuUition dans l'alcool absolu conservent aussi les mêmes propriétés, mais moins énergiques.
Nous avons fait un certain nombre d'expériences analogues avec des cultures de tuberculose aviaire. Les bacilles aviaires morts, injectés en quantité notable dans la circulation générale, produisent aussi l'intoxication avec cachexie progressive et la mort, tant«>t sans lésions apparentes, tantôt avec formation ■de tubercules dans les organes.
Un premier point qui se dégage de cette étude est que les bacilles tuberculeux morts, introduits dans le corps des animaux, s'y retrouvent avec leur aspect et leur réaction colorante spécifique au bout d'un temps très long, pendant plusieurs mois. C'est là, dans l'histoire des microbes pathogènes, une particularité remarquable et à peu près unique. Rien de semblable ne s'observe quand on injecte les cadavres d'autres espèces pathogènes. Nous avons injecté dans la veine, à des lapins, des quantités énormes de bacilles du charbon, tués par la chaleur humide. Au bout de quelques jours, malgré un examen très attentif, on ne trouvait plus trace de ces bacilles ni dans le sang, ni dans les organes, quoique parfois ces injections eussent exercé des effets toxiques et déterminé l'amaigrissement progressif et la mort. Des expériences analogues, faites avec les cadavres d'autres espèces bactériennes (bacille de la morve, du choléra, vibrion avicide, etc.) ont donné les mômes résultats : la disparition rapide de ces bactéries mortes dans lé corps des animaux.
Les cadavres des bacilles tuberculeux n'ont pas seulement la propriété do se conserver pendant longtemps dans le corps des animaux. Ils présentent une autre particularité plus importante encore : c'est de garder, quoique morts, une grande partie des propriétés pathogènes caractéristiques du bacille .vivant. Nous avons vu, en effet, que l'introduction de ces ba- ' cilles morts dans la circulation générale ou dans le péritoine détermine des lésions qui ressemblent, à s'y méprendre, à celles que provoquent les cultures vivantes. L'absence de caséi- .lication dans les lésions déterminées par le bacille mort est loin d'être la règle, contrairement à l'opinion de Prudden; nous avons constaté que cette phase ultime du processus tuber-