TUBERCULOSE DU FOIE; CHEZ LE LAPIN
tubercule et sur les problèmes délicats qui s'y rattachent, il faut bien reconnaître que ces descriptions histologiques sont quelque peu sujettes à revision et que Yersin en tire des conclusions trop hâtives et trop absolues, pour affirmer l'origine exclusivement leucocytaire du tubercule provoqué par la dissémination des bacilles dans le sang. Ainsi Yersin ne donne pas, dans son mémoire, d'indication précise sur la technique suivie par lui pour mettre en évidence les figures karyokinétiques; de sorte qu'il est difficile de savoir pourquoi les images de karyokinèse, constatées par tous ceux qui ont étudié la tuberculose hépatique, lui ont toujours échappé. Il a pu de même laisser passer inaperçues les mitoses de l'endothélium des capillaires, si importantes pour la détermination précise de l'origine intra-vasculaire du tubercule.
Nous avons vu plus haut combien la théorie qui faisait dériver le tubercule de leucocytes extravasés avait perdu de plus en plus du terrain. Metchnikoff continue à en demeurer un des défenseurs les plus absolus. Cet histologiste appuie svir-
que le noyau des petits lymphocytes. Ces grands leucocytes mononucléaires olfrent une grande ressemblance avec certaines cellules fixes du lissu conjonctif, surtout quand ces cellules sont en voie de multiplication inflammatoire, et on est souvent
embarrassé pour les en distinguer. 3° Les leucocytes polynucléaires (fig. 34,3) ; ce sont des cellules de volume variable, munies de plusieurs noyaux disposes en grappes, en feuille de trèfle, en fer à cheval ou en anneau. Ces leucocytes polynucléaires sont de beaucoup les plus nombreux dans le sang normal. Les noyaux se colorent fortement par les couleurs d'aniline, tandis que le proloplasma est à peine coloré. Le protoplasma renferme des granulations spéciales, souvent très abondantes, chez le lapin notamment, et qui ont pour propriété de ne se colorer que par un mélange de couleurs acides et de couleurs basiques d'aniline, d'où le nom de leucocytes neutropliiles qui a été appliqué aux leucocytes polynucléaires par Ehrlich. 4° Leucocytes éosinophiles : ce sont des cellules dont le noyau est de forme variable, souvent lobé, et dont le protoplasma contient des gi'anulati(jns volumineuses, réfractaires aux couleurs basiques d'aniline et se colorant au contraire parfaitement en rouge par l'éosine. Les cellules éosinophiles paraissent surtout provenir, à l'état normal comme à l'état pathologique, de la moelle des os, et leur abondance, dans certaines formes do leucémie, peut servir à reconnaître la leucémie d'origine ostéomyélique
Un des principaux attributs physiologiques de tous les leucocytes est d'émettre
• 1. Les recherches hématologiques cI'Ehrmch et de ses ('lèves ont été rassenibl(^s en volume. : Farbenanaltjtische Vntersucliungen zur HUtoloyte und Klinik des Ulules, Berlin, 1891.
FiG. 34. — Trois variétés de leucocytes.
1, petits leucocytes mononucléaires. 2, grands leucocytes mononucléaires. 3, leucocytes polynucléaires.