APRÈS INJECTION INTRA- VEINEUSE DE CULTURE AVIAIRE
tout son opinion sur l'examen des tubercules microscopiques provoqués chez le lapin à la suite de l'injection intra-veineuse de culture de tuberculose (aviaire). Les tubercules ainsi développés dans le foie peuvent, dit-il, servir de type; les cellules tuberculeuses, épithélioïdes et géantes se formeraient uniquement aux dépens des phagocytes, c'est-à-dire, des grands leU'cocytes mononucléaires émigrés et, accessoirement, des cellules endothéliales des capillaires intra-acineux. « Jamais aucune cellule hépatique ou épithéliale ne contribue à la formation du tubercule. Il est vrai que quelquefois on trouve des noyaux de ces éléments en voie de division karyoki nétique; mais cette prolifération n'affecte aucun rapport direct avec la formation du tubercule et ne sert qu'à régénérer les éléments propres du tissu hépatique'. » De même, dans les autres organes, le poumon, la rate, les tubercules résulteraient d'amas de phagocytes (grands leucocytes mononucléaires) englobant les bacilles tuberculeux et décrits sous le nom de cellules épithélioïdes : ces cellules, en se fusionnant, engendreraient les cellules géantes. Les lymphocytes (petites cellules mononucléaires) émigrés pourraient aussi se transformer en
des prolongements amœboïdes, d'être doués par conséquent de locomotion, et de pouvoir ainsi, dans de certaines circonstances, traverser la paroi des vaisseaux. Ils ont aussi la propriété, surtout les grands leucocytes mononucléaires et les leucocytes polynucléaires, d'englober et d'avaler, à la façon des amibes, des particules étrangères, graisse, globules rouges, microbes, etc.
La motilité ainsi que la propriété d'englober des inarticulés étrangères n'est pas l'apanage exclusif des leucocytes du sang ou de la lymphe. Les jeunes éléments provenant de la prolifération inflammatoire des cellules fixes du tissu conjonctif jouissent aussi de ces propriétés. Il en résulte que la présence d'un élément migratile dans un foyer inflammatoire n'implique pas, de toute nécessité, l'origine hématique de cet élément. (Zieglcr.)
Les leucocytes se multiplient surtout par division directe, ainsi que Ranvier l'a observé sur les cellules lymphatiques de l'axolotl i. Toutefois ils peuvent aussi, quoique exceptionnellement, présenter la division indirecte ; Flemming a constaté des figures karyokinétiques sur des leucocytes de salamandre; Spronck et Mctchnikolï', sur des leucocytes de lapin 2.
1. Gilbert et Girode, dans un travail récent sur la tuberculose hépatique expérimentale du lapin, arrivent à la même conclusion ; ils pensent que les granulations tuberculeuses du foie provoquées chez le lapin par injection intra-veineuse de produits tuberculeux résultent exclusivement des leucocytes se transformant en cellules épithélioïdes et géantes; les cellules hépatiques ne joueraient qu'un rôle passif et disparaîtraient en grande partie par atrophie. — Gilbert et Girode, Histogénèse du tubercule hépatique [Congrès de la tuberculose, 1891, p. 617).
1. Ranvier, Traité technique d'histologie, 2» édit. 1889, p. 136.
2. Consulter à ce sujet : Mktchnikoff, Leçons de la pathologie comparée de l'inflammation Paris, 1892, p. 154. — Letclle, l'Inflammation, Paris, 1893, p. 29.