PARTICIPATION DES CELLULES HÉPATIQUES
grandes cellules mononucléaires, c'est-à-dire en cellules épithélioïdes. Quant aux leucocytes polynucléaires, ils ne prendraient qu'une part indirecte à la formation du tubercule. « Les leucocytes polynucléaires englobent très facilement les •bacilles tuberculeux, mais périssent au bout d'un temps très court et deviennent, avec leur contenu microbien, la proie des différents phagocytes mononucléaires qu'on peut désigner sous le nom générique de macrophages. » Metchnikoff résume ces données par la définition suivante : « Le tubercule est composé d'une réunion de phagocytes d'origine mésodermique qui affluent vers les endroits où se trouvent les bacilles, et les englobent'. »
Je ne saurais me rallier sans réserve à la manière de voir de ce savant, et l'examen histologique de nombreuses préparations de tuberculose expérimentale ou spontanée, chez les animaux et chez l'homme, me font plutôt partager l'opinion de Baumgartén, de Cornil, de Ziegler, et de la plupart des anatomopathologistes, qui ramènent au contraire la formation du tubercule à la prolifération des cellules fixes, parenchymateuses ou conjonctives, des divers organes. Les tubercules expérimentaux du foie du lapin, à la suite de l'injection intra-veineuse de culture pure de tuberculose, surtovit si l'on a soin de choisir, non pas la tuberculose aviaire, comme le faisait Metchnikoff, mais la tuberculose humaine ou des mammifères, fournissent précisément des images qui mettent bien en évidence la participation des cellules hépatiques à la formation du tubercule. Il n'est pas rare, dans ces cas, de voir des nodules nettement circonscrits, formés de cellules contenant des bacilles, et offrant l'aspect de cellules épithélioïdes, mais rappelant les cellules hépatiques par leur protoplasma fortement granuleux, leurs contours cubiques et par les formes de transition qui les rattachent au parenchyme sain du foie. Ce sont manifestement des cellules hépatiques transformées en cellules épithélioïdes et -servant de point de départ à l'édification du nodule tuberculeux. Par l'action de la solution iodo-iodurée, j'ai même pu constater, à l'intérieur de ces cellules, surtout des cellules marginales du nodule, la présence de grains de matière glycogène, comme
1. Metchnikoff, Leçons sur la pathologie comparée de l'inflammation, p. 190,