INTERVENTION DE VILLEMIN
l'homme ». Villemin fit en outre une étude histologique des tubercules de la pommelière, étude qu'actuellement encore on peut citer comme un modèle. « La pommelière vraie, dit-il, est caractérisée par la présence dans les poumons et la plèvre de masses charnues, mamelonnées, grises et transparentes à leur début, mais qui jaunissent et s'infiltrent de sels calcaires. L'altération naissante se présente sous la forme de petites nodosités transparentes. Les grosses masses ne sont elles-mêmes que le résultat de l'agglomération d'un nombre infini de petits foyers; on trouve du reste des tumeurs de toutes dimensions. Celles qui sont un peu volumineuses sont rarement encore grises en totalité; lorsqu'on y pratique une coupe, la surface de section se présente marbrée de taches jaunes qui s'agrandissent progressivement, deviennent conlluentes et envahissent presque la totalité de la tumeur. L'incrustation calcaire suit la même marche ; elle succède très rapidement au changement de couleur des parties, et en peu de temps ces masses sont envahies parles sels terreux... Pour étudier ces processus au moyen de l'instrument grossissant, il faut choisir des tubercules à un degré d'évolution aussi peu avancé que possible, avant que les taches jaunes n'apparaissent, ou au moins lorsqu'elles sont à peine visibles. Une coupe pratiquée dans ces conditions laisse voir, sur une faible étendue, un grand nombre de foyers constitués comme les granulations tuberculeuses observées chez l'homme, avec quelques différences légères. La zone centrale est composée de petits éléments ordinairement pénétrés de fines molécules graisseuses. Dans beaucoup de cas, et lors même qu'on ne le soupçonnerait pas par l'inspection à l'œil nu, on constate dans ces parties centrales de petites lamelles irrégulières, d'aspect vitreux, réfractant fortement la lumière : ce sont des concrétions calcaires microscopiques. Dans la zone moyenne se trouvent des cellules plus volumineuses, renfermant souvent de nombreux noyaux; c'est la zone proliférante. Les éléments situés dans la zone la plus externe sont représentés par des cellules fusiformes (fibroplastes). » Villemin en conclut que, pour les caractères histologiques essentiels, les tubercules de la pommelière et les tubercules de l'homme présentent les analogies les plus étroites et sont construits sur le même type; les différences consistent dans les dimensions considérables