‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 227 sur 689 · IDENTITE DE LA POMMELIERE · texte numérisé non relu

IDENTITE DE LA POMMELIERE

qu'atteignent les tubercules de la pommelière, dans leur aspect mamelonné et surtout dans la calcification rapide de ces productions.

Colin reprochait à Villemin d'aller trop loin dans cette identification de la pommelière et de la tuberculose humaine; il regardait notamment l'infiltration calcaire comme une différence capitale. « Ce n'est là, répond Villemin, qu'un caractère bien accessoire. Les tubercules de l'homme se crétifient aussi, quoique plus rarement et plus tardivement que ceux de l'espèce bovine; mais il en est de même de tout autre produit pathologique chez ces animaux. Les collections purulentes, le mucus accumulé dans les dilatations bronchiques, les réceptacles vermineux, etc., sont remarquables sous le rapport de l'incrustation calcaire, ce qui ne change en rien leur nature. La similitude anatomique n'existerait pas, que nous n'en maintiendrions pas moins notre assertion, car les caractères étiologiques sont d'un ordre beaucoup plus important, en nosographie, que les caractères anatomiques »

L'identité de la tuberculose humaine et de la tuberculose bovine avait été établie par Villemin par l'identité de l'effet des inoculations des deux sortes de produits au lapin. La môme démonstration fut faite, d'une autre manière, par Chauveau, qui montra que l'on peut provoquer indifféremment la tuberculose, chez le veau ou la génisse, en leur faisant ingérer des produits tuberculeux d'origine humaine ou bovine. A l'autopsie, il était impossible de distinguer les sujets qui avaient avalé de la matière infectante de source bovine de ceux qui avaient avalé des produits tuberculeux humains; chez tous, les lésions tuberculeuses provoquées par l'ingestion de la matière infectante se présentaient avec les mômes caractères. Chauveau, en injectant dans la veine jugulaire d'un veau une émulsion faite avec le poumon d'un enfant mort de granulie aiguë, provoqua chez cet animal, sacrifié au bout de vingt-neuf jours, des lésions tuberculeuses des poumons et des ganglions bronchiques. Chez sept bovidés, le même expérimentateur inocula, dans le tissu cellulaire sous-cutané (oreille, joue, face externe de la cuisse) divers produits tuberculeux provenant de l'homme

1. Villemin, Élu lessur la lu''e.rculote, Paris, 1808, p. 486 et 539.

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