‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 228 sur 689 · ET DE LA TUERCULOSE HUMAINE · texte numérisé non relu

ET DE LA TUERCULOSE HUMAINE

(tuberculose aiguë, tumeur blanche). Il détermina ainsi, au point d'inoculation, une tumeur tuberculeuse tout à fait typique, avec infiltration tuberculeuse du ganglion le plus voisin de la région inoculée. A cela se bornaient les effets de l'inoculation sous-cutanée, même chez les bovidés sacrifiés quatre mois après l'inoculation. « Chose remarquable, fait observer Chauveau, l'infection générale qui sui-vient avec une si grande rapidité sur le lapin et le cobaye, à la suite de l'inoculation sous-cutanée, ne s'est pas produite dans mes expériences sur les animaux de l'espèce bovine. Au moins puis-je affirmer qu'il en a été ainsi chez ceux, au nombre de quatre, dont j'ai pu faire l'autopsie d'une manière complète. Aucun de ces quatre animaux n'a présenté trace de lésions tuberculeuses ailleurs que dans la région inoculée et dans le ganglion lymphatique le plus voisin. Ce défaut de généralisation n'a pas été constaté seulement dans les expériences faites avec la matière tuberculeuse provenant de l'espèce humaine. Avant ces expériences, j'avais fait, sur la vache, trois inoculations sous-cutanées avec de la matière tuberculeuse bovine et, j'avais obtenu les mêmes résultats, c'est-à-dire une tumeur spécifique locale, avec tuberculisation du ganglion le plus voisin, sans la moindre manifestation de généralisation de l'infection. Ces expériences comparatives s'accordent donc pour prouver que la tuberculose inoculée (chez le bœuf) peut rester fort longtemps localisée avant de produire des lésions généralisées \ » Cette généralisation aurait peut-être été obtenue si Chauveau avait conservé plus longtemps les animaux inoculés.

Klebs injecta des produits tuberculeux provenant de l'homme dans le péritoine d'un veau et provoqua ainsi une tuberculose du péritoine identique comme aspect à celle qu'on rencontre dans la pommelière spontanée ^ Kitt, au dire de Johne, obtint le même résultat avec lésions tuberculeuses généralisées, en injectant dans le péritoine d'un veau du suc provenant d'un ganglion scrof'uleux du cou de l'homme. Dès le sixième jour après, il constatait à l'autopsie une péritonite tuberculeuse, de

1. Chauveau, Sur les conditions et les caractères de la contagiosité de la tuberculose (lettre à Villemin, Gaz. hebd., 1872, p. 21o). — L'identité de la tuberculose de l'homme et de la tuberculose du bœuf (2= Congrès pour l'étude de la tuberculose, 1891, p. 51).

2. Klebs, Zur Geschichte der Tuberculose [Virchow's Arch., 1878, Bd 49, p. 292).

294 I.NOCULATIO.N DE PRODUITS TUBERCULEUX AUX BOVIDÉS.

la dégénércsconco tuborculouse des ganglions bronchiquos, de la pleurésie et de la péricardite tuberculeuse.

Crookshank, pour s'assurer que la tuberculose de l'homme peut se transmettre aux bovidés, inocula à un veau des crachats de phtisique; l'animal devint tuberculeux Baumgarten relate qu'on a fait dans son laboratoire, des inoculations de produits de pommelière dans la chambre antérieure de l'œil de veaux. On provoqua ainsi une tuberculose typique de l'œil, suivie de tuberculose généralisée, tout à fait comparable à la tuberculose miliaire aiguë de l'homme. Des veaux inoculés sous la peau avec des cultures de tuberculose humaine ne présentèrent qu'une lésion localisée au point de l'inoculation, ce que Baumgarten attribue à un affaiblissement dans la virulence des bacilles^.

L'ensemble de ces faits expérimentaux montre que l'inoculation aux animaux de l'espèce bovine de produits tuberculeux humains, provoque des effets tout à fait identiques à ceux que l'on obtient par l'inoculation des produits de la pommelière. D'autre part, l'inoculation des produits tuberculeux, d'origine humaine ou bovine, au lapin et au cobaye, pratiquée par tant d'expérimentateurs, a constamment donné les mêmes résultats. Il est donc permis de conclure que la tuberculose de l'homme et celle des animaux de l'espèce bovine sont une seule et même maladie.

11 n'existe, à ma connaissance, qu'un seul cas paraissant authentique de transmission de la tuberculose bovine à l'homme; ce cas a été publié par Johne. Un jeune vétérinaire, d'une famille parfaitement saine, se blessa au pouce, au niveau de l'articulation, en faisant l'autopsie d'une vache atteinte de pommelière. La plaie guérit sans suppuration, mais au bout de six mois un tubercule cutané se développa au niveau de la cicatrice; bientôt des symptômes de tuberculose pulmonaire se manifestèrent, qui enlevèrent le malade. L'examen de l'articulation montra qu'elle était profondément tuberculeuse \

1. Crookshank, On the morphologj', cultivation and tosic products oflheTubcrclebacillus [Transact. of the path. Society, 1891, vol. 52, p. 'i'id).

2. Baumgarten, Jahresbericlit iiber die jmthoffenen Mikroorganismen, Bd 7, 1891, p. 666.

3. Johne, Ein Fall von Uebertragung der Tubcrkulosc von Menschen auf den Hund, sowie einige casuistischc Bemerkungen iiber die Infection des Menschen durch zufâllige cutané Impfungcn (Deutsche Zeitschr. f. Thiermed., 1889, p. 111).

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