STRUCTURE PLUS COMPLIQUÉE DU TUBERCULE
Longtemps avant Langhans, Rokitansky avait déjà observé, à côté des cellules à nn seul noyau, « des cellules mères, multinucléaires », rencontrées au sein du tubercule \ Nous avons vu que Virchow dans sa Pathologie celhdaire note expressément, comme existant presque toujours au sein de la granulation tuberculeuse, des cellules contenant 12 à 21 et même 30 noyaux. E. Wagner a décrit les mêmes cellules dans les tubercules du foie sous le nom de « plaques à plusieurs noyaux^ ».
Mais c'est à Langhans que revient le mérite d'avoir surtout appelé l'attention sur ces « cellules géantes » et sur leur importance pour la détermination du tubercule. Comme objet d'étude Langhans recommande, à l'exemple de Virchow, le tubercule des séreuses, n Si l'on dissocie, dit-il, une fine granulation tuberculeuse de la plèvre ou du péritoine, ne possédant pas encore de centre opaque, caséeux, on met en évidence les petites cellules, analogues aux cellules lymphatiques, connues depuis Virchow et considérées comme caractéristiques du tubercule ; mais en outre on trouve régulièrement de grandes cellules multinucléaires, tantôt rares, tantôt plus nombreuses, jusqu'à 12 dans une préparation finement dissociée. Leur aspect n'est pas toujours facile à étudier, car elles se fragmentent fréquemment; ou bien, à cause même de leurs grandes dimensions, elles sont souvent saisies et déchirées par les aiguilles, de sorte qu'on n'en voit que les débris. Il faut donc choisir celles qui sont demeurées intactes. Si on provoque un courant dans- le liquide de la préparation, de façon à les faire cheminer et tourner sur leur axe, on remarque que ces cellules sont rondes ou un peu ovalaires, sphériques et non aplaties, comme le croit Wagner, et limitées par un contour plus ou moins ferme. La plupart de ces cellules émettent des prolongements multiples, parfois i"amifiés... Le corps cellulaire est formé d'une substance très finement granuleuse, paie à l'état frais, devenant trouble et opaque sous l'action de l'acide chromique et d'autres réactifs. Les noyaux sont extrêmement nombreux, volumineux, vésiculeux, limités par un contour foncé, avec un contenu clair ne renfermant que de rares granulations... Très particulière et
1. Rokitansky, llandbuch dcr patliol. Analomie, 18o5, t. 1, p. 295 (cilo par Langhans).
2. E. Wagner, Arch. f. Ueilkunde, 1861, Bd 2, p. 33 (cite par Langhans).