‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 24 sur 689 · CELLULE GÉANTE DE LANGHANS · texte numérisé non relu

CELLULE GÉANTE DE LANGHANS

caractéristique est leur situation qui n'a pas été jusqu'ici signalée par les observateurs. Ces noyaux siègent exclusivement à la périphérie du corps cellulaire et forment là une couche unique, plus rarement deux ou trois couches superposées; ils sont tellement serrés qu'ils se touchent étroitement... Ces noyaux occupent tantôt toute la périphérie de la cellule, tantôt ils n'en occupent qu'une moitié ou s'accumulent à un des pôles'. Les dimensions des cellules géantes sont variables, à ce point qu'on ne peut donner de chiffres moyens. Les cellules volumineuses

FiG. 2. — Cellules géantes; fac-similé des figures de Laughans.

atteignent un diamètre de 0,2 à 0,3 millimètres; elk'i sont donc déjà visibles à lœil nu, comme de fins petits points; il en est même d'allongées qui mesurent en longueur plus d'un demimillimètre. De ce maximum, les dimensions peuvent s'abaisser jusqu'au diamètre de 0"",05 et même au-dessous. Avec le volume des cellules varie aussi le nombre des noyaux. Le chilïre de 30 noté par Virchow ne représente nullement un maximum ni môme la moyenne pour les grandes cellules ; quelques-unes contiennent plus de 100 noyaux... »

La cellule géante, facile surtout à étudier dans les tubercules des séreuses, se rencontre, d'après Langhans, dans toutes les

1. Plus loin, Langhans insiste sur cette disposition marginale ou polaire des noyaux de la cellule géante tuberculeuse, qui se distingue ainsi des mvéloplaxes de la moelle osseuse et des cellules géantes du sarcome.

KÔSTER : ARTHRITE FONGUEUSE.

variétés du tubercule, y compris le tubercule fibreux. Elle est ordinairement entourée de cellules volumineuses, d'aspect épithélioïde, qui parfois tassées à sa surface et fusionnées entre elles lui forment une sorte de tunique ou de manteau.

Langhans, dans ce remarquable travail, se montre très sobre de considérations sur la nature du tubercule et sur l'origine de ses éléments. Il évite de se prononcer d'une façon précise sur le mode de formation des cellules géantes; « deux hypothèses, dit-il, sont possibles : ou bien elles dérivent d'une seule cellule, avec multiplication excessive des noyaux; ou bien elles résultent de la confluence de plusieurs cellules en une seule ».

L'année suivante, parut le travail de KOster sur V arthrite fongueuse '.Sans doute avant lui les tumeurs blanches avaient été souvent rattachées soit à la scrofule, soit à la tuberculose, mais vaguement et d'une façon indirecte : on se contentait de relever que ces arthrites se développent fréquemment chez des sujets scrofuleux ou tuberculeux, ou inversement on expliquait la fréquence de la phtisie dans le cours des tumeurs blanches par les troubles de la nutrition, la fièvre, la suppuration prolongée, etc. qu'elles entraînent à leur suite. Bazin se prononça expressément pour la nature tuberculeuse de certaines tumeurs blanches. « L'arthrite scrofuleuse, dit-il, est l'expression la plus complète de la scrofule ; elle renferme en elle tous les produits que peut engendrer cette maladie : éléments ordinaires de tout travail inflammatoire, pseudo-membranes, sérosité purulente et pus, éléments organiques homœomorphes : tubercules , caWuXesïihvoplastiques, etc. Toutes les formations anatomo-pathologiques que l'on rencontre isolément dans les autres affections de la scrofule se retrouvent pour ainsi dire associées et confondues dans la tumeur blanche. » Plus loin, il est encore plus catégorique : « Un autre produit anormal que l'on trouve parfois dans la tumeur blanche est le tubercule. On le rencontre au milieu du liquide de l'épanchement, dans la pseudo-membrane, dans les cellules des os et jusque dans les cavités creusées dans les cartilages eux-mêmes ^ » Mais ces vues étaient à peu près

1. KôsTER, Uobei- fungùse Gclcnkontzûndung {Virchow's Arch. 1869, Bd. 48 p. 114).

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