FRÉQUENCE DE LA TUBERCULOSE
une proportion de 11,4 p. 100 de bovidés tuberculeux; dans quelques abattoirs de cette contrée, cette proportion dépasse 20 p. 100'.
Riek a publié des documents statistiques très complets et intéressants sur les cas de tuberculose observés à l'abattoir de Leipzig, c'est-à-dire dans la seconde ville du royaume de Saxe, cette terre classique de la tuberculose bovine. Sur 67077 bovidés (sans compter les veaux) sacrifiés à l'abattoir depuis son ouverture en juillet 1888 jusqu'au 31 décembre 4891, 13688 étaient tuberculeux, soit 24,4 p. 100! La proportion était plus grande pour les vaches que pour les bœufs (23,5 p. 100 et 18,2 p. 100). Sur ces 13688 cas, 11066 fois les poumons seuls étaient atteints; la tuberculose était donc exclusivement pulmonaire dans 80 p. 100 des cas. La tuberculose isolée des séreuses (plèvre et péritoine) paraît beaucoup plus rare qu'on ne la trouve signalée dans les anciennes statistiques ; presque toujours il existait concomitamment, quand l'examen était minutieusement fait, de la tuberculose ganglionnaire (ganglions bronchiques et mésentériques).
Riek met aussi en doute l'existence d'vme tuberculose primitive de l'utérus chez les vache? ; il la [regarde comme étant presque toujours consécutive à une tuberculose péritonéale.
Sur les 13688 cas, 430 fois (c'est-à-dire dans 3 p. 100 des cas) la tuberculose était généralisée (poumons, foie, intestins, séreuses, reins, muscles, mamelles, os, sternum, vertèbres). Sur 23396 vaches tuberculeuses, la tuberculose des mamelles fut constatée 69 fois (0,29 p. 100 des cas); sur 4070 génisses tuberculeuses, 3 fois (0,07 p. 100 des cas). La tuberculose intestinale primitive est aussi très rare; presque toujours elle se surajoute à la tuberculose pulmonaire.
Riek fait remarquer avec justesse que les anciennes statistiques, celles recueillies par Gôring, par Adam et Lydtin entre autres, donnent des chiffres notablement trop faibles. A mesure que le contrôle dans les abattoirs s'exerce avec plus de soin et de compétence, la proportion des cas de tuberculose va en augmentant. Ainsi à Dresde on ne signalait en 1888 qu'une proportion de 2,6 p. 100 de bovidés tuberculeux; en 1889, la proportion s'élève
1. BoLLiNGKR, Ucber die Verwemibarkeit des an Infectionskrankheiten leidendeii Schlachtthieres [Deutsche Zeitschr. fur Thiermedicin, 1891, Bd 17, p. 213).