TUBERCULOSE CHEZ LES BOVIDÉS, COMME CHEZ L'HOMME
^0 centimètres de hauteur. Les bêtes sont si rapprochées les unes des autres, qu'il leur reste à peine un espace de 70 centimètres pour se mouvoir. Toujours attachées, elles ont tout juste ^ssez de liberté pour prendre leur nourriture et se coucher. L'urine s'écoule sur un plancher en bois et infiltre le sol. De fenêtre, il n'y en a point. Les paysans prétendent que pour fournir beaucoup de lait le bétail a besoin de chaleur et d'obs- ■curité, cette dernière favorisant l'immobilité. La phtisie est si fréquente qu'il existe des étables où il y a plus de dix vaches tuberculeuses en quatre ans. Dans certaines étables même, toutes les vaches deviennent tuberculeuses dans un temps donné. On ne prend aucune précaution après le départ d'une vache tuberculeuse. On ne lave ni ne nettoie la place qu'elle occupait, la crèche dans laquelle elle mangeait, le baquet où elle s'abreuvait. La nouvelle arrivante, qui vient de quitter un bon pâturage, est là bloquée, stabulée, exposée immédiatement à tous les germes contagieux'. »
Le principal véhicule du contage est la sécrétion grumeleuse ou muco-purulente qui s'écoule du nez des animaux et qui est projetée par les secousses de toux. Quoique cette sécrétion soit moins abondante que l'expectoration de l'homme phtisique et que les vaches aient l'habitude d'en lécher la plus grande partie avec la langue, c'est cependant là une source de .souillure pour les mangeoires, les râteliers, les auges, le plan- <;her, etc. Cette sécrétion se dessèche, puis, soulevée sous forme de poussière pulvérulente, elle est inhalée par les animaux (et .aussi par l'homme?). Voilà pourquoi, chez les bovidés comme dans l'espèce humaine, le poumon est l'organe frappé de préférence par la tuberculose (dans 80 p. 100 des cas). L'écoulement purulent qui se fait fréquemment chez les vaches atteintes de tuberculose génitale est une autre source de matière infectieuse. L'étable est donc le principal foyer où se conserve et où se per^ pétue le virus.
Quelques vétérinaires, Lydtin notamment, ont cru apercevoir un certain rapport, dans les campagnes, entre la fréquence de la tuberculose de l'homme et celle de l'espèce bovine; mais
1. SpiLLMANN (P-)' Fréquence de la tuberculose chez les animaux d'espèce bovine dans les Hautes-Vosges [Congres pour l'élude de la tuberculose, Paris, 1888, p. 108).