FORME ABDOMINALE, FORME PULMONAIRE
Dans la forme pulmonaire primitive, les lésions sont variables. Le poumon peut être parsemé de nodules arrondis, de grosseur diverse, à centre caséeux riche en bacilles; ces nodules sont le plus souvent entourés d'une paroi fibreuse, résistante. Tantôt on trouve dans le parenchyme de grandes masses infiltrées, jaunâtres, de véritables pneumonies caséeuses, avec dilatation des bronches et cavernes. Parfois aussi « on croirait avoir affaire à une néoplasie sarcomateuse ou carcinomateuse, généralisée au poumon : blanches, fermes, homogènes dans toute leur étendue, sans foyers de ramollissement, de dimensions variables depuis celles d'une noisette à celles d'une noix ou d'un œuf de pigeon, ces véritables tumeurs ne provoquent pas d'irritation du tissu pulmonaire qui conserve son aspect normal à leur voisinage immédiat; ces lésions résultent de l'agglomération d'un grand nombre de follicules tuberculeux; elles n'ont aucune tendance à la caséilicaiion ; elles sont très riches en cellules géantes et très pauvres en bacilles (Nocard). » Constamment les ganglions bronchiques sont tuméfiés, farcis de tubercules miliaires ou caséeux. La plèvre est habituellement parsemée de nodules isolés ou confluents, durs, en grappes ou en choux-fleurs et rappelant l'aspect des tumeurs delapommelière. Le péricarde peut être envahi également ; il en est de même des ganglions sous-maxillaires, pharyngiens, cervicaux, des reins, de l'utérus, de la mamelle. Il existe aussi chez le cheval des lésions tuberculeuses des os (côtes, vertèbres) avec formation de foyers caséeux et périostiques.
Le poumon tuberculeux représenté par la fig. 47 provient d'un cheval mort à Alfort, dans le service du professeur Cadiot qui voulut bien me faire parvenir cette pièce. Les poumons, les ganglions bronchiques et médiastinaux étaient seuls envahis par les tubercules (très riches en bacilles); les intestins, le foie, la rate, les ganglions mésentériques et le péritoine étaient sains; seuls les reins présentaient quelques granulations tuberculeuses.
La calcification des productions tuberculeuses, qui est la règle chez le bœuf, est tout à fait exceptionnelle chez le cheval. Les lésions renferment presque toujours des bacilles en très grande abondance; l'inoculation au cobaye et les cultures démontrent qu'ils sont identiques aux bacilles de la tuberculose de l'homme et des autres mammifères.
FiG. 47. —
Lobe incisé; cl un poumon tuberculeux de cheval, l'organe est parsemé de tuber oilcs blanc jaunâtre, non calcifiés.