ORIGINE LYMPHATIQUE DU TUBERCULE
pas résulter de la prolifération de répithélium d'un vaisseau sanguin et de l'accumulation de cellules lymphatiques à son pourtour. Mais il rejette cette hypothèse et se rallie à celle de Klebs, qui admet que le tubercule prend naissance dans les réseaux lymphatiques et les canaux du suc. Du reste, en affirmant ainsi l'origine lymphatique du tubercule, Kostcr obéissait à rautoritc de Virchow qui, on se le rappelle, rangeait le tubercule parmi les productions lymphatiques, à côté des lymphomes de la leucémie et de la fièvre typhoïde ; il trouvait un nouvel appui à cette manière de voir dans un récent travail de Klebs qui, par l'étude anatomique du tubercule expérimental, chez le cobaye, se croyait aussi autorisé à conclure au siège et à la nature lymphatique du tubercule.
Comme le fait remarquer Kiener, on était alors dominé par les importantes recherches de Recklinghausen sur les rapports du système lymphatique avec les cavités séreuses. Ce savant venait de montrer que le riche réseau lymphatique du centre tendineux du diaphragme établit une communication entre les cavités péritonéale et pleurale ; appliquant ces données à la recherche du mode de propagation des lésions tuberculeuses à la suite de l'insertion de matières tuberculeuses dans la cavité abdominale des cobayes, Klebs crut voir, sur le centre tendi neux imprégné d'argent, que les tubercules y prenaient nais sance dans l'intérieur môme du réseau lymphatique, dont ils franchissaient ensuite les limites en suivant les canaux du suc élargis. Les petites cellules du tubercule et la cellule géante ellemême lui parurent provenir de la prolifération de Fendothélium lymphatique ; il affirma avoir vu quelquefois une cellule géante, entourée de toutes parts de cellules rondes et allongée dans la direction du vaisseau lymphatique'.
E. Wagner, dans une série de recherches portant sur Içs tubercules des différents organes, décrit sous le nom de lymphadénome tuberculeux une tumeur identique au follicule des glandes lymphatiques et constituée comme lui par du tissu cytogène ou réticulé. Ce « tubercule cytogène ou réticulé » est formé par un réticulum renfermant à ses points nodaux quelques cel-
1. Kleb.»-,, Ucbcr die Eiitstchung (lorTuhei'kulo.sc und ihre Vorlu'oitung im Korpcr {Virchow's Arch., 18()8, Bd 44, p. 280, résumé d'après Kicnor : la Tuberculose dans les séreuses de l'homnie, etc. Arch. de phijs. nom. et patliol., 1888, p. 799).
SCHUEPPEL : FOLLICULE TUBERCULEUX.
Iules uni- ou multi-nucléaircs et dans ses mailles des cellules rondes, lymphatiques ; d'vine façon presque constante, chaque l'ollicvile présente, au niveau des points nodaux du réticulum, une ou plusieurs cellules géantes. Le follicule tuberculeux, comme le follicule lymphatique, est parfois séparé du tissu environnant par une fente ou espace annvilaire, c(mime le sinus périfolliculaire des glandes lymphatiques. Le follicule tuberculeux ne se distinguerait du follicule lymphatique normal que par l'absence de vaisseaux. La plupart des tumeurs désignées sous le nom de tubercules miliaires vrais ne seraient autre chose que des tubercules cytogènes<. On voit que, dans ce travail, qui rallia du reste peu d'adhérents, E. Wagner va beaucoup plus loin que Yirchow dans l'assimilation du tubercule à une production lymphoïde.
Schûppel, en se basant surtout sur l'examen des tubercules des ganglions lymphatiques, apporta encore plus de précision dans la description histologique du tubercule. Le tubercule, selon lui, ne consiste pas simplement en un amas de petites cellules rondes analogue au follicule lymphatique, au lymphome; c'est une très petite tumeur, presque toujours nettement circonscrite, privée de vaisseaux, formée de cellules de forme et de dimensions variables, ainsi que d'un réticulum analogue à celui du tissu adénoïde et dans les mailles duquel les cellules sont incluses.
Les cellules du tubercule et en particulier du tubercule des ganglions lymphatiques sont de trois espèces : des cellules géantes, des cellules v(dumineuses,épithélioïdes, enhn de petites cellules rondes, lymphatiques. La cellule géante s'observe constamment dans le follicule tuberculeux; tantôt elle est unique et alors presque toujours centrale ; tantôt il y en a plusieurs placées au centre du nodule ou disséminées çà et là. Les cellules épitlîélioïdes (déjà décrites du reste par Langhans) sont des cellules assez volumineuses, à protoplasma grossièrement grenu, à noyau unique ou multiple, ovalaire, vésiculeux, se colorant faiblement; elles sont groupées autovu- de la cellule géante, mais peuvent s'étendre jusqu'à la périphérie du tubercule. Enfin, entremêlées aux cellules épithélioïdes et formant autour d'elles
1. E. Wagner, Das luliorkel;ilmlichc Lviaiiliadcnom (der cytogeiic odcr rctikulici-tc Tubcrkcl) [Arch.f. Heilkunde, 1870, 'Bd 11, p. 497 et 1871, Bd 12, p. 1).