FRÉQUENTE CHEZ LES CHIENS DE MAITRES TUBERCULEUX
chien ayant vécu en contact prolongé avec une jeune fille phtisique et ayant été vu plusieurs fois ingérant les crachats de la malade. Nocard, qui examina les lésions de ce chien, constata la présence du bacille de Koch '. Marcus eut l'occasion, à l'école vétérinaire de Hanovre, d'autopsier plusieurs chiens qui furent reconnus tuberculeux par la constatation de la présence dubacille". Johne autopsia un chien, compagnon inséparable d'une phtisique : le poumon contenait des foyers de pneumonie caséeuse ; les ganglions bronchiques et mésentériques étaient également caséeux ; le foie, la rate, les reins et les intestins étaient sains '\ Czokor observa quatre cas de tuberculose chez le chien; chez deux d'entre eux, il s'agissait de tuberculose de l'intestin et des ganglions mésentériques ; chez les deux autres , outre ces lésions, il y avait des tubercules miliaires du poumon et des lésions surtout prononcées des ganglions bronchiques et médiastinaux. Les maîtres de deux de ces chiens étaient phtisiques *.
Thomassen recueillit, en 1868, àl'école vétérinaire d'il trecht, trois cas de tuberculose chez le chien; l'un d'entre eux était un chien de boucher ^ Th. Weyl trouva accidentellement, chez un chien empoisonné pour une expérience pharmacologique, un foyer caséeux enkysté dans le poumon droit, riche en bacilles de la tuberculose; des cobayes inoculés avec un peu de cette matière devinrent tuberculeux''. .J'ai eu moi-même occasion, il y a quelques années, d'autopsier un chien venant de la fourrière et qui avait succombé, dans mon laboratoire, à la suite d'une inoculation du poison diphtérique. Les deux poumons de ce chien étaient parsemés d'îlots de broncho-pneumonie blanc grisâtre, lisses, ressemblant tout à fait à la bronchopneumonie au stade de suppuration chez l'homme. Le produit de grattage de ces poumons était très riche en bacilles. Deux
1. Andrieu et Nocard, Transmission do la tuberculose de l'homme aux volailles et au chien [Bidlet. de la Soc. centrale de méd. vélérin., 1883, p. 98).
2. Marcus, Ziir Prophylaxie der Tuberculose [Deutsche med. Wochenscfir., 1888, p. 301).
3. Johne, Eiu Fall von Uebertragung der Tuberkulose vom Menschen auf den HnQd,eic. {Deutsche Zeitschr. f.Thiermedichi, 1889, p. 111).
4. CzoKOR, Tuberkulose, d'après l'analyse AuJahresbericht de Baumgarten, p)0ur Tannée 1888, p. 213.
5. Thomassen, Sur la tuberculose animale en Y{o\\a.né.e [Congrès pour l'étude de la tuberculose. Paris, 1888, p.. 128).
6. Weyl (Tu.), Spontané Tuberculose beim Hunde [Centralblall f. Bakteriol., 1888, Bd 6, p. 689).
3o4 FRÉQUENCE DE LA TdBERCULOSE, CHEZ LE CHIEN.
cobayes inoculés avec ces produits succombèrent à une tuberculose typique. Depuis, grâce à l'obligeance du professeur Cadiot, j'ai pu observer plusieurs autres cas de tuberculose spontanée du cbien.
Cadiot, Gilbert et Roger trouvèrent chez un chien qui présentait un épanchement dans la plèvre gauche un foyer caséeux dans le poumon correspondant, avec présence des bacilles caractéristiques *. Plus tard, ils firent connaître six nouveaux cas de tuberculose spontanée chez le chien.
Chantemesse et Le Dantec trouvèrent chez un chien, dans le foie elle rein, des masses blanchâtres, lardacées, du volume d'une noisette à celui d'une noix, d'apparence sarcomateuse ou cancéreuse; ces masses renfermaient une grande quantité de bacilles de la tubeixulose ^ S. Bernheim relate également deux cas de tuberculose chez le chien \
Jensen s'est livré à une étude systématique de la tuberculose chez le chien (et le chat). Il put recueillir à l'école vétérinaire de Copenhague, dans l'espace de onze mois, quinze cas de tuberculose chez le chien, constatés à l'autopsie. Il s'agissait de chiens malades, traités à l'inhrmerie, ou de simples trouvailles d'autopsies. Bang mit à sa disposition ses notes sur 13 cas de tuberculose chez le chien, observés par lui dans des conditions analogues ; Jensen put donc faire porter son étude sur 28 cas de tuberculose spontanée chez le chien
Eber, à l'école vétérinaire de Dresde, institua des recherches semblables à celles que Jensen avait poursuivies à Copenhague, dans le but notamment de s'assurer si la tuberculose du chien et du chat était aussi fréquente à Dresde qu'elle paraissait l'être en Danemark. Il fit par conséquent l'autopsie de tous les chiens tués à l'établissement, par l'acide cyanhydrique, d'après le désir de leurs maîtres. Sur 400 chiens ainsi autopsiés, il en rencontra dl tuberculeux (soit 2,7o p. 100), dont il publia
1. Cadiot, Gilbert et Roger, Notes sur la tuberculose du chien (C jR. de la Soc. de ùiol., 1891, 17 janvier, p. 20. — Bulletin de la Soc. centrale de méd. véte'rin., 1891, t. 45, pp. 108, 2:j0, 587).
2. Chantemesse et Le Dantec, Tuberculose spontanée du chien (Congrès pour l'étude de la tuberculose, Paris, 1891, p. 650).