LNFECTION PAR INHALATION ET PAR INGESTION
La dislribution anatomique des lésions de la tuberculose chez le chien, la prédominance de ces lésions sur l'appareil pulmonaire et leur ancienneté relative semblent bien indiquer que, chez cet animal, comme chez l'homme, le mode d'infection le plus habituel est celui par inhalation. L'expérimentation, du reste, nous apprendra avec quelle facilité le chien s'infecte par la voie respiratoire, et combien, au contraire, il est difliciie de lui faire contracter la maladie par l'ingestion de produits tuberculeux. Chez les chiens d'appartement, vivant en contact étroit avec les phtisiques, l'inhalation des poussières virulentes résultant de la dessiccation des crachats est sans doute la cause principale de la contamination. Sur les 40 chiens tuberculeux observés par Gadiot, 9 appartenaient à des restaurateurs, cafetiers ou marchands de vin ; ils vivaient, par conséquent, dans des milieux oii les crachats sont fréquemment répandus sur le sol et, après leur dessiccation, soulevés par le balayage et disséminés sous forme pulvérulente dans l'atmosphère.
L'ingestion fréquemment répétée de crachats de phtisiques, de viscères d'animaux tuberculeux, paraît néanmoins pouvoir entraîner chez le chien une tuberculose abdominale primitive. Dans deux observations de Jensen, il s'agit de chiens de bouchers, nourris habituellement avec des viscères tuberculeux. Nous avons vu que, dans ces cas, l'appareil ganglionnaire est surtout atteint, la muqueuse intestinale n'offrant aucune lésion appréciable; les choses se passent donc dans ces cas comme pour le carreau, chez l'enfant, où les ganglions mésentériques et rétro-péritonéaux sont souvent seuls envahis, sans participation de l'intestin. Ces faits prouvent une nouvelle fois que le bacille de la tuberculose peut franchir une muqueuse saine, digestive ou respiratoire, pour ne manifester ses effets que sur les ganglions lymphatiques correspondants.
En somme, c'est surtout par suite de la cohabitation avec l'homme atteint de phtisie que l'infection tuberculeuse du chien paraît s'effectuer. Dans la moitié des cas recueillis par Cadiot, la contamination humaine semble manifeste; pour les autres cas, l'étiologie n'a pu être éclaircie, et il n'y a vraiment pas lieu de s'en étonner, étant données les causes multiples d'infection méconnues auxquelles le chien, aussi bien que l'homme, est constamment exposé. Si le chien est, le plus souvent, contaminé par