‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 298 sur 689 · ET AVIAIRES AUX SOURIS ET AUX RATS · texte numérisé non relu

ET AVIAIRES AUX SOURIS ET AUX RATS

X. Le 13 avril 1894, on inocule sous la peau du dos d'un rat blanc quelques gouttes d'une émulsion de culture de tuberculose aviaire. Le rat meurt le 9 août. La rate est énorme (3 centimètres et demi de long sur 1 et demi de large), rouge, molle, mais sans trace de tubercules macroscopiques; le foie ne renferme également pas do tubercules visibles, non plus que le péritoine. Les poumons sont parsemés d'un petit nombre de fines granulations grises. Les frottis de la rate et du foie révèlent la présence d'un très grand nombre de bacilles de la tuberculose.

Ces expériences montrent que les souris blanches et les rats blancs présentent, -comme l'a constaté Koch, un degré notable de résistance à l'inoculation de la tuberculose (humaine ou aviaire). Alors cependant que Koch paraît avoir constamment échoué dans les tentatives d'infection par inoculation souscutanée, j'ai réussi assez fréquemment par cette voie à infecter ces animaux. Dans mes expériences avec résultat positif, les souris ont succombé assez rapidement, au bout de quelques semaines à quelques mois, sans tubercules apparents dans les viscères, mais avec une rate volumineuse et les organes remplis de bacilles. Les rats, bien portants en apparence, même au bout de quatre à cinq mois, furent sacrifiés. Ils présentaient les uns des lésions tuberculeuses macroscopiques, surtout dans les poumons; les autres n'avaient pas de tubercules apparents, mais les organes (rate, foie) contenaient des bacilles. Peut-être des lésions tuberculeuses visibles se seraient-elles produites ultérieurement, si on avait laissé vivre plus longtemps les animaux. Il n'existe pas, pour la souris et le rat, d'effets sensiblement différents, selon que l'inoculation est faite avec le bacille des mammifères ou avec le bacille aviaire.

Sibley (de Londres) a examiné, dans le laboratoire de Recklinghausen, un cas de tuberculose chez un ophidien. Un serpent originaire d'Italie, le tropidonotus natrix (var. murorum) mourut après une captivité de plusieurs mois dans un jardin zoologique. Sur le côté droit du corps, englobant plusieurs côtes, se trouvaient trois tumeurs sous-cutanées du volume d'une noisette; d'autres tumeurs plus petites étaient disséminées çà et là sous la peau du reste du corps. Des granulations multiples siégeaient dans le tissu cellulaire prévertébral, derrière les sacs pulmonaires et le long de l'origine de l'aorte. A la coupe, toutes ces tumeurs présentaient une consistance

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