TUBERCULOSE DU SERPENT
caséeuse. Le foie, les reins et les organes génitaux étaient également parsemés de nodules caséeux. A l'examen microscopique les tumeurs, celles du foie notamment, apparaissaient formées d'amas de cellules rondes dont les parties centrales avaient subi la dégénérescence hyaline; ces nodules étaient entourés d'une mince couche de tissu conjonctif ; pas de cellules géantes ni de cellules épithélioïdes. En colorant les coupes par la méthode d'Ehrlich ou par celle de Ziehl, on y décelait, dans la presque totalité des tumeurs, la présence de bacilles de Koch, nombreux surtout dans les parties dégénérées des néoplasmes. Il s'agit donc là d'un cas de tuberculose généralisée chez le serpenta 11 est bien regrettable que l'auteur se soit borné à l'investigation anatomique et n'ait pas pratiqué des inoculations et des cultures. Il peut paraître étonnant que le bacille de la tuberculose parvienne à se développer chez un animal à sang froid, dont la température est généralement inférieure à celle qui est nécessaire à la végétation du bacille ; d'autant plus que Sibley, dans son travail, ne signale pas que le serpent dont il s'agit ait été conservé dans la couveuse du jardin zoologique et qu'il ait vécu à une température à laquelle le développement du bacille de la tuberculose est possible ; ce renseignement complémentaire ne se trouve que dans deux analyses de son travail ^
Au congrès international de Berlin, Sibley dit avoir depuis observé quelques nouveaux cas de tuberculose sur divers serpents. 11 ne relate qu'un cas, celui d'une vipère portant des tumeurs caséeuses sous la peau; des bacilles de la tuberculose ne purent y être décelés, de sorte que la nature tuberculeuse des lésions semble contestable. Plus récemment, Sibley relate des expériences d'inoculation qu'il a pratiquées sur la couleuvre et la vipère commune d'Angleterre. 11 ne spécifie pas quelle sorte de culture (humaine ou aviaire) il a employée. Les reptiles furent maintenus dans une étuve bien aérée, à la température de 33°; après plusieurs tentatives infructueuses, il réussit à produire dans quatre cas la tuberculose chez ces animaux, morts environ cinquante à soixante-dix jours après la première
1. Sibley (Walïer R.), Ucber Tuberculose bei Wirbclthieren [Virchow's Arch., 1889, Bd 116, p. 104).
2. Centralbl. f. Baicteriol., 1889, Bd 5, p. 831 et Jahresbericht de Baumgartun, 1889, p. 313.