TUBERCULE ET PNEUMONIE CASÉEUSE
Iules embryonnaires. C'est là le point de départ ordinaire de la phtisie chronique commune Graduellement le nodule primitif gagne en étendue dans deux directions principales, vers la bronche et vers les culs-de-sac acineux; il s'étend aussi par envahissement des acini voisins. La lésion tuberculeuse progresse ainsi par fusion successive de nodules voisins ; en même temps s'elfectue la fonte caséeuse des portions centrales, avec évacuation du produit ramolli par les bronches et formation de cavernes.
Charcot, aussi formellement que Grancher, se refuse à admettre une pneumonie caséeuse, envisagée comme le mode de terminaison d'une phlegmasie pulmonaire commune n'ayant rien à voir avec le tubercule proprement dit. « La solidification jaune du poumon (pneumonie caséeuse), dit-il, dans la phtisie pulmonaire tant aiguë que chronique, n'est pas le résultat de la métamorphose des produits de l'inflammation commune. Elle représente la dégénération caséeuse centrale d'une agglomération tuberculeuse et, de fait, elle occupe la partie centrale d'une production embryonnaire qu'on doit appeler tuberculeuse, parce qu'elle ne ditïère anatomiquement par aucun caractère, si ce n'est peut-être par ses dimensions, du tubercule aggloméré classique. Sans doute les produits d'inllammation vulgaire ne font pas défaut, parmi les lésions complexes de la pneumonie caséeuse; ils sont presque toujours présents, sous une forme ou sous une autre; mais ce n'est là qu'un fait accessoire; ce n'est pas le fond de la situation. »
Charcot montre que les îlots caséeux qui, à l'œil nu, affectent les apparences d'une pneumonie lobulaire ou pseudo-lobairc commune, sont en réalité, quand on les étudie de plus près, autant arjglomé rations tuberculeuses. On y trouve une portion centrale, caséeuse, correspondant à la section des bronchioles et de l'artère satellites; c'est le nodule péribronchique tuberculocaséeux classique ; autour de cette région centrale, qui correspond à la description du centre caséeux du tubercule élémentaire, règne une zone périphérique décrite pour la première fois
1. Charcot fait romai-qucr cxpressomnnt qu'il n'a on vue, dans cette localisation (lu processus tuberculeux dans le poumon, que la phtisie tuberculeuse commune, et il a soin d'en séparer l'altération qui se produit dans le même organe à la suite de la lufjerciilosp ginét alisée alr/uc. Dans ce dernier cas, les granulations tuberculeuses, à peu près toutes du même âge et disséminées uniformément dans toute l'étendue dos dîux poumons, n'affectent qu'accidentellement le siège péribronchique.
DÉGÉNÉRESCENCE CASÉEUSE.
et appelée zone embryonnaire par Grancher, dans ses études sur la pneumonie caséeuse. Seulement, à la caractéristique donnée par cet histologiste il faut ajouter, dit Gharcot, la présence habituelle des cellules géantes qu'il n'avait pas relevée. La pneumonie caséeuse, dans ses formes aiguës et chroniques, est donc essentiellement une pneimionie tuberculeuse ; il faut donc rejeter l'existence d'une pneumonie caséeuse, indépendante de la tuberculose et jouant le rôle capital dans le processus de la phtisie.
Le mode de terminaison habituel de la néoplasie tuberculeuse, quelle que soit la forme qu'elle affecte, isolée ou agglomérée, nodulaire ou infiltrée, est la dégénérescence dite caséeuse. On doit également à Grancher une bonne étude de ce processus de caséification.
«Examinons, dit-il, déplus près cette masse homogène, compacte et vitreuse qui forme le centre des gros tubercules. Il ne reste plus de la bronche, des gros vaisseaux et des alvéoles, que les fibres élastiques de leurs parois; une substance opaque infiltre tout, remplit tout, remplace tout. Cette substance, dans le bain de picro-carmin, a fixé l'acide picrique et apparaît colorée en jaune. Sur une coupe très line, on peut reconnaître et suivre, surtout dans la partie la moins altérée, les transformations de rendothélium bronchique, de l'endothélium vasculaire et des cellules embryonnaires conjonctives. Chacune de ces cellules gonflées outre mesure a subi une sorte de dégénérescence vitreuse ou colloïde. Le protoplasma, qui était granuleux et foncé, est devenu, en se gonflant, homogène et clair. Il est brillant et friable, comme en témoignent les craquelures qui le traversent dans tous les sens et donnent à une seule cellule l'aspect d'une petite mosaïque irrégulière. Le noyau de la cellule, volumineux au début, s'atrophie et disparaît à mesure que la dégénérescence du protoplasma s'étend jusqu'à lui. On peut suivre facilement cette atrophie du noyau des cellules, grâce à la coloration élective du picro-carmih. Tant qu'ils existent, les noyaux se colorent en rouge; or, tout à fait au centre du tubercule, se voient encore quelques points rouges, très petits, vestiges du noyau cellulaire, mais le plus souvent le carmin ne trouve là aucun noyau sur lequel il puisse se fixer. Au contraire, à mesure qu'on s'éloigne vers la périphérie, les points rouges,